<CHAPTER ID=4>
Souhaits de bienvenue
<SPEAKER ID=4 NAME="Le Prsident.">
Je voudrais souhaiter la bienvenue  M. Rolandas Paksas , prsident de Lituanie , qui a pris place  la tribune officielle et effectue  Bruxelles sa premire visite officielle hors de la Lituanie depuis son lection rcente .
<SPEAKER ID=6 NAME="Le Prsident.">
Le seul point inscrit  l ' ordre du jour est la guerre en Irak .
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( Divers dputs au centre et  gauche brandissent des banderoles dnonant l ' intervention militaire en Irak )
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Chers collgues , je sais que ce dossier veille des sentiments trs forts mais je demande que notre Parlement agisse aujourd ' hui avec solennit et dignit , compte tenu de la gravit de la situation .
<SPEAKER ID=7 NAME="Gollnisch (NI).">
Monsieur le Prsident , pour une trs brve motion de procdure , si vous me le permettez . Avoir une discussion , comme vous l ' avez souhait , est excellent , mais un parlement doit exprimer sa position par un vote .
Nous devons offrir aux diffrents groupes la possibilit de dposer des rsolutions et d ' exprimer la conclusion de ce dbat par un vote .
Sinon , notre discussion n ' aura aucun effet .
<SPEAKER ID=8 NAME="Nar (GUE/NGL).">
Monsieur le Prsident , j ' applaudis cette dclaration .
Je pense qu ' il nous faut une rsolution pour dfinir la position du Parlement face  une guerre qui va dtruire un peuple .
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( Applaudissements  gauche )
<SPEAKER ID=9 NAME="Le Prsident.">
Je tiens  vous signaler que , si la tenue d ' une telle runion est laisse  la discrtion du Prsident , elle est nanmoins soumise  la consultation de la Confrence des prsidents .
Nous avons convenu de tenir cette sance extraordinaire aujourd ' hui .
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La semaine prochaine , nous aurons l ' occasion d ' entendre le Premier ministre Simitis et le prsident Prodi et , si les groupes et les dputs le souhaitent , ils pourront s ' exprimer sous la forme d ' une rsolution et d ' un vote .
Quant  la sance d ' aujourd ' hui , la Confrence des prsidents a dcid de la tenue d ' un dbat sans rsolution .
Je me tiendrai  cette dcision et respecterai ses implications quant  la procdure .
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Je passe la parole  M. Papandreou , prsident en exercice du Conseil .
<SPEAKER ID=10 LANGUAGE="EL" NAME="Papandreou">
Monsieur le Prsident , Mesdames et Messieurs , Mesdames et Messieurs les Dputs , je pense que les sentiments que nous ressentons tous aujourd ' hui sont intenses et je connais aussi l ' importance des initiatives prises par le Parlement europen au cours de ces dernires semaines pour que tous apportions notre contribution  une solution diplomatique et pacifique de la crise de l ' Irak .
Et les sentiments sont intenses parce que lorsque la diplomatie s ' arrte pour cder la place  la guerre , la tristesse et la dception s ' installent .
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En ce qui concerne la crise de l ' Irak , les dbats ont t nombreux et intenses au sein de notre famille , comme l ' a dit le Prsident , mais aussi au sein de la communaut internationale et au sein de l ' ONU .
Il y a eu une base commune , un objectif commun , qui a t exprim au moins  deux moments diffrents , lors du Conseil " Affaires trangres " et plus tard , lors du Sommet : le dsarmement et le respect total des rsolutions de l ' ONU , mais aussi paralllement la ncessit d ' puiser tous les moyens diplomatiques avant le recours  la force .
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C ' est cet objectif que poursuivait la Prsidence grecque , et nous avons , bien sr , pris des initiatives . Nous avons rencontr fois tous les membres , permanents ou non , dans le cadre de l ' ONU .
Nous avons galement rencontr plusieurs fois les autorits amricaines , M. Kofi Annan et les inspecteurs .
Nous aussi , en tant que Prsidence , avons entrepris de multiples voyages , comme l ' ont aussi fait d ' autres membres au nom de la Prsidence du Conseil , dans les pays arabes du Moyen-Orient , o , en compagnie de M. Chris Patten , nous avons rencontr les ministres des Affaires trangres des pays arabes et les dirigeants de la Ligue arabe  Sharm el-Sheikh .
Nous avons organis une initiative importante pour transmettre un message spcifique  l ' Irak de la part de la Ligue arabe , un message qui tait bien parti mais qui n ' a malheureusement pas connu une fin heureuse . Il faut reconnatre que les discussions sur ce qu ' il y avait lieu de faire , sur les dmarches  entreprendre , sur la manire de faire face  cette crise taient difficiles dans nos pays respectifs .
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Le moment n ' est pas opportun pour entrer dans les dtails . Le moment n ' est peut-tre pas non plus opportun pour tablir la part de responsabilit de la communaut internationale sur les occasions qui ont t exploites et celles qui ne l ' ont pas t en vue d ' un rglement pacifique de ce conflit .
Il est cependant certain qu ' un dbat intense a eu lieu , un dbat qui aura des rsultats importants , des consquences considrables pour la suite des vnements .
Et nous devons , en tant que UE , communaut internationale et ONU , examiner les aspects de cette crise et voir comment y faire face .
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Je tiens aussi  souligner qu ' avant-hier , lors de la runion des ministres des Affaires trangres , certaines positions exprimes ont rvl ces divergences , ces approches diffrentes quant  la lgitimit d ' une guerre , ces points de vue diffrents sur l ' opportunit d ' une intervention , sur les consquences d ' une intervention ou d ' une non-intervention ou encore sur la stabilit dans la rgion .
Je pense pourtant que paralllement  ces dsaccords , sur lesquels le Prsident s ' est aussi exprim - dsaccords qui ne sont bien sr pas secrets et il n ' est pas ncessaire d ' essayer de les cacher - nous devons , nous , en tant que Prsidence , mais aussi tous ensemble , qui plus est le Conseil lui-mme de concert avec le Parlement europen , voir quelles sont les dmarches  engager maintenant , parce qu ' aujourd ' hui nous sommes devant le fait accompli : les hostilits ont commenc .
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Pour ce qui est de ces dmarches  venir , je peux vous dire qu ' un premier lment , que M. Cox a fort justement soulign , est que cette crise doit faire natre une rflexion .
C ' est ce que vous , mais aussi l ' crasante majorit des citoyens de l ' UE , rclamez . Une rflexion sur la rforme institutionnelle , mais aussi sur la volont politique relle en vue d ' une politique trangre commune , une politique trangre de l ' UE capable de s ' exprimer d ' une seule voix et avec efficacit sur les affaires internationales , sur le plan international , sur la scne internationale .
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Deuximement , il faudra considrer les problmes directs auxquels sera confronte la rgion de l ' Irak , et voir comment faire face  des problmes comme celui de l ' ventuelle crise humanitaire .
Je reprendrai les paroles de M. Kofi Annan , qui a dit hier au Conseil de scurit que le sort du peuple irakien permettra peut-tre  la communaut internationale de trouver enfin son unit .
Et il est vrai que lors des dbats que nous avons eus avant-hier au Conseil " Affaires trangres " ,  la sance du Conseil - discussion informelle il est vrai , mais importante - certaines orientations se sont dgages et elles devront tre examines et nous guider lorsque nous dciderons des dmarches  entreprendre .
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Avant tout , nous devons faire face aux importants problmes humanitaires qui rsulteront de la guerre en Irak , notamment les consquences pour les pays voisins , mais aussi les problmes auxquels sera peut-tre confronte l ' UE elle-mme et qui rsulteraient d ' une vague de rfugis .
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Un deuxime point important est la ncessit de garantir la souverainet et l ' intgrit territoriale de l ' Irak .
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Un troisime problme important sera celui de la stabilit dans toute cette rgion .
Une guerre peut dstabiliser les pays voisins et crer des problmes dans ces pays . Un de ceux-ci , la Turquie , est aussi un pays candidat  l ' adhsion  l ' UE .
Il y a quelques jours , nous avons eu l ' occasion de discuter , au Parlement europen ,  Strasbourg , de la question kurde et de la peur de voir cette crise ouvrir dans la rgion un autre front de guerre .
Paralllement , cependant , nous devons aussi considrer les consquences de cette guerre , les consquences pour la Turquie elle-mme . En effet , c ' est  nous qu ' il appartient d ' assurer la continuit de la poursuite de ses progrs en direction de l ' Europe et des rformes qu ' elle a entreprises .
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Le problme du Moyen-Orient proprement dit , c ' est--dire le processus de paix , constitue un autre lment important pour la rgion , pour la stabilit dans la rgion du Moyen-Orient .
En ce qui concerne ce processus , l ' UE affiche une volont unanime pour poursuivre la feuille de route , non seulement en vue de sa publication mais aussi de sa matrialisation aussi rapide que possible .
Il est aussi ncessaire tout au long de ce processus , et ce quels que soient les dveloppements  venir en Irak , de proclamer le rle primordial des Nations unies .
Cet aspect fait fort heureusement l ' unanimit .
Si nous avons t incapables rcemment de maintenir les Nations unies  l ' avant-plan , ? uvrons alors  partir de maintenant pour que cette organisation prenne enfin la place qui lui revient .
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Dans ce cadre , je pense que nous serons confronts  deux autres questions importantes .
Premirement , les relations transatlantiques , les relations de l ' UE avec les tats-Unis .
Nul doute qu ' elles ont travers et traversent une crise importante .
Nous ne pouvons pas le nier .
Il est donc temps d ' avoir une discussion sincre et de dfinir les vritables problmes de notre poque , de voir quels sont les vritables dfis que nous devons relever , de voir comment traiter les grandes questions qui nous occupent , des armes de destruction massive aux questions sur l ' environnement en passant par la pauvret et l ' ingalit ; il est temps d ' engager un dialogue sincre avec les tats-Unis , un dialogue  travers lequel nous esprons pouvoir trouver un mode de coopration effective pour assurer la scurit , promouvoir une paix relle , une vritable gouvernance mondiale fonde sur les principes communs  l ' UE , des principes que nous , en tant que UE , partageons , des principes qui constituent aussi les fondements de cette Communaut dans laquelle nous vivons .
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Le fait que ces dernires semaines nous ayons travaill en coopration trs troite avec le monde arabe revt aussi une importance majeure .
Cette coopration , Monsieur le Prsident , Mesdames et Messieurs les Dputs , a montr que le conflit en Irak ne constitue pas et ne doit pas constituer une guerre ou un conflit culturel .
Au contraire , nous devrons renforcer ces liens avec le monde arabe et musulman pour tablir dans ce domaine aussi un vritable dialogue culturel , un dialogue entre civilisations qui mettra en vidence prcisment les problmes de l ' humanit pour lesquels nous avons une responsabilit commune , et , dans le cadre de cette responsabilit commune , nous devons parvenir  dfinir quels sont les meilleurs moyens , quelles sont les valeurs communes qui nous amneront  faire face  ces questions .
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Par rapport  tous ces points , je voudrais souligner que j ' ai le sentiment et je vois mme une lueur d ' espoir en ce jour si pnible que nous vivons , que la volont des pays membres , mais je crois aussi de nos citoyens , est que cette crise de l ' Irak , qui a fait couler tellement d ' encre et continuera de le faire les semaines et mois  venir , voire les annes  venir , serve de point de dpart pour que nous , en tant que UE , tirions d ' importantes conclusions sur nos propres institutions , notre propre rle , sur les dfis que nous devons relever et sur la manire de faire face  cette situation de faon plus efficace .
Voil le sentiment que j ' avais ressenti  l ' occasion de la discussion au Conseil " Affaires trangres " .
Un sentiment qui , malgr l ' amertume et la dception face  notre impuissance d ' avancer main dans la main dans la question de l ' Irak , ne doit pas nous garder diviss , mais doit , au contraire , nous pousser  mettre en lumire les possibilits d ' une voie commune , en analysant ces problmes et en s ' engageant un peu plus .
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Je crois que ce message , cet objectif , recevront le soutien du Parlement europen , qui a livr tant de batailles pour la politique trangre commune , le renforcement de la voix europenne sur la scne internationale et l ' intgration de l ' UE , et qui a un rle dcisif  jouer ici .
Mesdames et Messieurs , je vous remercie beaucoup et j ' attends vos observations .
<SPEAKER ID=11 LANGUAGE="EN" NAME="Patten">
Monsieur le Prsident , comme vous l ' avez signal tout  l ' heure , le Parlement a dbattu la semaine dernire de la crise irakienne pendant prs de quatre heures et demi .
Ce fut un dbat de haute tenue .
Une semaine plus tard , je dois franchement dire que , du point de vue de la Commission , je ne vois gure ce que je pourrais ajouter  mes dclarations de la semaine dernire . Toutefois , ce genre de considration n ' amne que rarement un politicien  se taire .
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( Rires et applaudissements )
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Le Prsident .
Pas mme des recteurs d ' universit !
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Patten , Commission .
( EN ) Mais au moins , j ' pargnerai au Prsident une intervention en latin !
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Je peux mettre brivement l ' une ou l ' autre rflexion supplmentaire , dont j ' espre qu ' elles fourniront un cadre au reste d ' une runion que vous avez eu tout  fait raison , Monsieur le Prsident , de convoquer , en accord avec les prsidents des diffrents groupes .
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Ce dbat se droule dans un contexte extrmement sombre .
Quelle que soit l ' issue de la guerre dclenche en Irak - et nous devons tous prier pour que la phase militaire soit aussi courte et aussi peu sanglante que possible - , nul ne peut nier que cette crise a constitu une mauvaise passe pour la politique trangre et de scurit commune ; une mauvaise passe pour l ' Union europenne dans son ensemble ; une mauvaise passe pour l ' autorit des Nations unies , pour l ' OTAN et pour les relations transatlantiques .
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Je m ' arrte un instant , le temps de faire une remarque quant aux relations transatlantiques .
La plupart de nos objectifs , en tant qu ' Europens , ne seront probablement atteints que si nous sommes capables de travailler avec les tats-Unis .
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( Applaudissements )
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De mme , la plupart des vises amricaines seront mieux  mme de se raliser si l ' Amrique parvient  travailler avec l ' Union europenne .
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( Applaudissements )
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Et , enfin , il est indubitable que la collaboration de l ' Amrique et de l ' Union europenne servent mieux les intrts du monde en termes de prosprit , de scurit et de stabilit .
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( Applaudissements )
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L ' avenir des relations transatlantiques est donc un sujet de proccupation relle pour chacun d ' entre nous et c ' est fort opportunment , bien entendu , que le ministre des Affaires trangres y a fait allusion , avec tant d ' loquence , dans son intervention .
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La prsidence grecque a dploy des efforts hroques pour prserver une position commune .
 mon sens , la dclaration du Conseil europen du 17 fvrier tait des plus avises .
Les tats membres s ' accordent quant  la menace que constitue la prolifration des armes de destruction massive ; ils conviennent de la ncessit d ' un dsarmement complet et rel de l ' Irak ; ils conviennent que les Nations unies doivent demeurer au centre de l ' ordre international ; ils conviennent , effectivement , que le recours  la force ne devrait survenir qu ' en dernier recours .
Cependant , ils ont fait montre d ' un dsaccord par trop public quant au moment de ce dernier recours .
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Comment recoller les morceaux ?
Comment sortir non seulement " remis sur pied " mais aussi renforcs des preuves de ces quelques dernires semaines ?
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Nous devrions garder  l ' esprit l ' troitesse et l ' efficacit de notre coopration - non seulement au sein de l ' Union europenne , mais aussi au niveau transatlantique - sur un grand nombre de questions internationales .
Nous devrions redoubler d ' efforts .
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Dans les Balkans par exemple , nous travaillons d ' arrache-pied  la stabilisation conomique et politique .
J ' tais en Serbie la semaine dernire et j ' ai pu prendre la mesure de la dtermination des citoyens  veiller  ce que la frle stabilit qui s ' est mise en place ne soit pas battue en brche par le meurtre rpugnant de Zoran Djindjic .
J ' espre que , lors du Conseil europen qui se tiendra aujourd ' hui et demain , les chefs d ' tat et de gouvernement renouvelleront leur engagement  prserver la dynamique de dveloppement et d ' association entre ces pays et l ' Union europenne .
<P>
Nous devons galement maintenir une attention sans faille sur la question de l ' Afghanistan , qui a fait l ' objet d ' une runion des donateurs , au dbut de cette semaine ,  Bruxelles : cela tmoigne du rle essentiel que nous jouons , sous les auspices de l ' ONU , dans la reconstruction d ' un pays qui continue de faire face  des problmes effarants .
Aprs les combats de 2001 , l ' Union europenne a pris l ' engagement d ' une prsence  long terme , afin d ' amener sa pierre  la stabilit et  la bonne gouvernance .
Cette Assemble a contribu  veiller  ce que cet engagement soit assorti des ressources ncessaires .
Nous devons tenir cet engagement .
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Je rpterai ma dclaration de la semaine dernire devant cette Assemble : nous devons aussi prserver la dynamique de notre largissement .
La dcision d ' intgrer dix nouveaux tats membres n ' est pas une lubie qui pourrait tre remise en question par des vnements extrieurs .
Il s ' agit d ' un choix stratgique pour notre continent .
Et c ' est un choix d ' une dimension historique .
Nous devons aller de l ' avant sans nous dcourager , tout comme nous devons poursuivre le travail annonc la semaine dernire dans le cadre de notre document sur l ' Europe largie .
Cette communication se veut une vision de la manire dont nos voisins - non seulement  l ' est mais aussi au sud - peuvent esprer partager notre prosprit et notre stabilit si ils sont prts  s ' aligner sur nos valeurs et notre lgislation .
Nos propositions relatives  " l ' Europe largie " impliquent la cration d ' un espace conomique et social commun , au sein duquel tous les pays pourraient profiter pleinement du march intrieur et , potentiellement , jouir des quatre liberts qui en dcoulent .
<P>
Nous devons galement avancer en ce qui concerne le processus de paix au Moyen-Orient .
Il est encourageant de constater que le prsident des tats-Unis se dit dsormais prt  ? uvrer , via la feuille de route ,  une solution visant  la cration de deux tats - solution qui , je dois le dire , a t prpare il y a plusieurs mois au sein du quatuor international .
Nous devons cependant veiller  ce que cela mne  la mise en ? uvre rapide des ides qui y sont exposes , et non  une longue discussion entre les parties quant  la validit de ces ides .
Par le pass , ces discussions se sont avres profondment frustrantes , les parties ayant tent de soumettre leur coopration au respect de conditions incompatibles .
Nous ne pouvons accepter que ce processus de paix soit une fois encore soumis  un enchanement conditionnel qui , dans la pratique , ne mne pas  la paix mais  de nouveaux bains de sang .
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( Applaudissements )
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De faon plus immdiate , l ' Union europenne dans son ensemble doit s ' efforcer d ' exploiter les lments communs de son approche du conflit qui a dbut en Irak .
La Commission a travaill dur en coulisses , en coopration avec les agences internationales , afin de contribuer  l ' aide humanitaire qui s ' avrerait ncessaire .
J ' ai moi-mme discut de ces questions en Jordanie , en Turquie et en Iran au cours des dernires semaines .
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ECHO , l ' Office d ' aide humanitaire de la Commission , a renforc sa prsence dans la rgion .
Le bureau rgional de Ammam , qui couvre l ' Irak et l ' ensemble du Moyen-Orient , compte  prsent cinq assistants techniques expatris permanents , tandis qu ' un expert supplmentaire se trouve  Jrusalem et qu ' un septime est en attente  Ammam .
ECHO a galement maintenu un contact rgulier avec les principales organisations humanitaires , tel que le Comit international de la Croix-Rouge et le Haut commissariat des Nations unies pour les rfugis .
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Depuis le mois de janvier , ECHO a effectu trois missions en Irak afin d ' valuer la situation et de prparer d ' ventuelles oprations .
Il a galement envoy plusieurs missions dans les pays voisins .
<P>
Outre les 15 millions d ' euros allous aux oprations humanitaires en Irak en 2003 , la Commission a bien entendu dlgu ses pouvoirs en vue de l ' approbation d ' une aide d ' urgence de 3 millions d ' euros supplmentaires dans un dlai de moins de 72 heures .
Une aide similaire pourrait galement tre dgage en cas de crise dans un pays voisin .
En fonction de l ' ampleur des besoins , nous pourrions tre amens  demander que des ressources supplmentaires soient dgages de la rserve d ' urgence  des fins humanitaires .
<P>
Sur la base de l ' exprience passe - ECHO ayant fourni de l ' aide humanitaire en Irak depuis 1992 - , nous estimons que la contribution de la Commission devrait essentiellement porter sur la sant , l ' eau et l ' assainissement .
Avec l ' interruption du programme " ptrole contre nourriture " , certaines organisations internationales et certaines ONG s ' attendent galement  des pnuries alimentaires .
C ' est un problme que nous serons peut-tre amens  envisager , le moment venu .
<P>
ECHO travaillera en troite coopration avec les agences de l ' ONU et participera aux changes d ' information sur place .
Je voudrais ajouter une chose .
Je suis convaincu que personne dans cette enceinte ne sous-estime le courage et l ' engagement de nos quipes d ' aide humanitaire sur le terrain .
Je pense que nous avons tous de bonnes raisons d ' tre fiers d ' elles , fiers du travail qu ' elles ont dj accompli dans cette rgion et fiers du travail que , malheureusement , elles doivent accomplir dans de trop nombreuses parties du monde .
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( Applaudissements )
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Nous devons galement tout faire pour aider la Turquie  faire face aux pressions politiques provoques par les vnements rcents et aider aussi les autres voisins de l ' Irak - de la Jordanie  l ' Iran , en passant par la Syrie .
Comme je l ' ai dit , j ' ai eu l ' occasion , lors de mes rcents voyages dans la rgion , de prendre mieux conscience de l ' impact qu ' une guerre en Irak pourrait avoir sur ces pays .
La Commission continuera de surveiller et d ' valuer la situation de prs et envisagera , avec le Conseil , les ractions possibles de l ' UE .
<P>
Dans les circonstances actuelles , je me dois de dire que je suis tout  fait ravi que nous ayons pris l ' initiative de dvelopper notre relation avec l ' Iran , en procdant avec circonspection et sans ignorer les dsaccords que nous avons avec ce pays .
Je pense que dvelopper notre relation avec l ' Iran est une initiative des plus senses .
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Dans un article paru cette semaine , un minent ditorialiste nous rappelait qu ' aprs que flaux et infortunes se furent dverss de la bote de Pandore , l ' Esprance seule resta pour allger les peines des affligs .
Peut-tre devrions-nous donc nous accrocher  l ' espoir que la guerre sera rapidement termine et entranera le moins de pertes possible - un point des plus sensibles , quelle que soit l ' opinion quant  ce conflit , pour tous ceux dont les compatriotes sont engags dans les combats .
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( Applaudissements )
<P>
Nous devons galement esprer qu ' il sera possible , sous les auspices internationales , d ' acheminer rapidement et efficacement l ' aide humanitaire l o le besoin s ' en fera le plus sentir .
Esprer que la reconstruction politique et conomique de l ' Irak pourra dbuter prochainement , l aussi sous les auspices internationales .
J ' ai dclar trs clairement la semaine dernire - l ' Assemble m ' excusera peut-tre de me rpter - que , si l ' Irak de l ' aprs-guerre tait gr sous mandat de l ' ONU , comme le Timor-Oriental , le Kosovo et l ' Afghanistan , j ' esprais qu ' il serait reconnu comme tel et que le crdit en revienne pour une part  ceux qui ont insist sur ce point ds le dpart .
<P>
Nous devrions ensuite esprer que la reconstruction puisse commencer sous les auspices internationales , que l ' intgrit territoriale de l ' Irak soit garantie et que les Irakiens contrlent le processus .
Nous devons galement esprer que se trompent ceux qui croient que le choix rel du monde arabe rside entre un despotisme pro-occidental et une dmocratie antioccidentale ; esprer que les rpercussions rgionales seront minimes ou que - dans le cas contraire - elles puissent tre contenues ; esprer que la crise actuelle galvanise le processus de paix au Moyen-Orient , aprs une priode dsesprment sombre de retour en arrire ; esprer qu ' aient raison ceux qui croient que cette guerre portera un coup au terrorisme international - plutt que de l ' attiser - ; et esprer , enfin , que les nombreuses institutions et relations qui ont t soumises  l ' preuve du feu ces dernires semaines - y compris l ' Union europenne et la politique trangre et de scurit commune - sortiront renforces de l ' preuve et qu ' on reconnatra  nouveau  quel point nous avons besoin de l ' appareil de gouvernance internationale .
<P>
Je souhaiterais laisser l ' Assemble sur cette ultime pense : le dfi auquel nous faisons face aujourd ' hui , le dfi auquel nous aurons  faire dans les semaines et les mois  venir , va bien au-del de ce que Winston Churchill nomma un jour " les dserts sans piti de la Msopotamie " .
Nous aurons  oprer un choix trs clair dans les mois prochains .
Faut-il retourner au mode de conduite - ou  l ' absence de mode de conduite - du monde au XIXe sicle - un monde de souverainets nationales concurrentes et d ' quilibres des puissances ?
Ou tcherons-nous de rebtir les institutions et les coutumes de gouvernance mondiale si pniblement mises en place au cours du dernier demi-sicle ?
Voil le choix sans quivoque qu ' il nous faudra poser .
Je sais de quel ct je pencherai .
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( Applaudissements )
<SPEAKER ID=12 LANGUAGE="DE" NAME="Poettering (PPE-DE).">
Monsieur le Prsident , Monsieur le Prsident en exercice du Conseil , Monsieur le Commissaire , chers collgues , lorsqu ' il est question de guerre et de paix , nous sommes tous profondment affects dans notre raison , dans notre intellect , dans notre c ?
ur et dans nos motions . Je vous demande de participer  ce dbat difficile en faisant preuve de respect mutuel et en partant du principe que , mme si nos avis divergent , chacun est de bonne volont .
Si je le dis de manire si claire , c ' est parce que nous sommes toujours parvenus , au sein du Parlement europen ,  adopter finalement une position commune lorsque nous abordions des questions fondamentales lies  l ' avenir de l ' Europe .
Nous ne pouvons nous permettre , dans nos diffrends sur la crise irakienne , de laisser ce Parlement se diviser sur ces questions essentielles . Nous devons au contraire , dans ces questions fondamentales , emprunter ensemble le chemin de l ' avenir .
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( Applaudissements  droite )
<P>
Mesdames et Messieurs , lorsque nous analysons les vnements de cette nuit , lorsque nous constatons o nous en sommes  prsent , nous devons galement remonter jusqu ' aux racines du problme .
Je le rpte : nous n ' aurions pas d faire face aux vnements de cette nuit et des jours et semaines  venir si le rgime criminel de Saddam Hussein , ses services secrets et son lot de tortures , de meurtres et d ' excutions n ' avaient pas exist .
Saddam Hussein est le responsable de l ' volution actuelle des vnements !
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( Applaudissements  droite )
<P>
Nous regrettons qu ' il n ' ait pas t possible de parvenir  un accord sur le dsarmement de l ' Irak au Conseil de scurit des Nations unies .
<P>
( Interpellation : " pourquoi donc ?
" )
<P>
Nous le regrettons vraiment !
Jean-Paul II ...
<P>
Oui , il est  cet gard plus proche que ceux qui me critiquent pour l ' avoir cit - Jean-Paul II a donc affirm , par le biais de son porte-parole : " Celui qui dcide que tous les moyens pacifiques offerts par le droit international sont puiss endosse une grande responsabilit face  Dieu , face  sa conscience et face  l ' Histoire " .
Oui , le prsident amricain George Bush - avec l ' exprience du 11 septembre , qui signifie selon la psychologie amricaine que les amricains sont  prsent en guerre - endosse cette responsabilit , et il l ' endosse avec d ' autres . Le prsident Bush a dclar cette nuit : We have no ambition in Iraq except to remove a threat and restore control of that country to its own people !
( Nous n ' avons d ' autre ambition en Irak que de lever la menace et de restaurer le contrle de ce pays par ses propres citoyens ! )
<P>
Si l ' objectif est bien celui-l , notre groupe le soutient , car personne ne peut tre neutre dans cette histoire !
<P>
( Applaudissements  droite )
<P>
Mesdames et Messieurs , il n ' y a pas de place pour l ' anti-amricanisme !
Je le dis galement en ma qualit d ' Allemand , mme si je parle ici en tant qu ' Europen .
Nous aurions prfr une dcision aux Nations unies mais , en cette poque o nous nous retrouvons face au risque de l ' anti-amricanisme , nous ne devons pas oublier que ce sont les Amricains qui ont libr les derniers prisonniers des camps de concentration nazis !
<P>
( Applaudissements  droite )
<P>
Nous nous souvenons aujourd ' hui que c ' est un Amricain -  savoir Ronald Reagan - qui a affirm au milieu des annes 80 - et on lui a ri au nez  l ' poque : " M. Gorbatchev , faites tomber ce mur !
" Beaucoup ont trouv cela risible ; il s ' agissait d ' une vision et , sans les Amricains - sans Gorbatchev aussi , naturellement - ce changement en Europe n ' aurait pas t possible .
Nous devons nous en rappeler aujourd ' hui .
<P>
( Applaudissements  droite )
<P>
Cependant , Mesdames et Messieurs - et je l ' affirme avec le plus grand srieux : de nombreux points sont aussi critiquables chez cette grande puissance mondiale qu ' est l ' Amrique , et nous ne sommes pas d ' accord avec un grand nombre de points .
Nous ne considrons pas comme convenable que ce monde ne se retrouve en fin de compte qu ' avec une seule grande puissance , et que les autres ne puissent plus exercer la moindre influence .
C ' est pourquoi , en ces heures difficiles , l ' Europe doit respecter cette vidente ncessit : critiquons moins les Amricains , mais demandons-nous plutt , nous les Europens , ce que nous pouvons faire pour nous montrer unis , pour nous montrer forts , afin de pouvoir influencer nos amis amricains .
C ' est la responsabilit que nous devons porter aujourd ' hui .
<P>
( Applaudissements  droite )
<P>
J ' approuve sans la moindre rserve ce qu ' ont affirm le ministre des Affaires trangres , M. Papandreou , et le commissaire Patten : nous devons maintenant faire pression sur nos amis amricains pour qu ' un rglement pacifique du conflit au Proche-Orient ne reste pas lettre morte .
Isral a le droit de vivre dans des frontires sres , mais le peuple palestinien a galement le droit de vivre dans des frontires sres et dans la dignit . Et , ensemble - Amricains et Europens - , nous devons apporter une contribution en ce sens .
<P>
( Applaudissements  droite )
<P>
Mesdames et Messieurs , laissez-moi pour conclure aborder les grandes ralisations de l ' Europe .  cet gard , je lance un appel afin que nous ne laissions pas le foss se creuser entre nous , quels que soient nos dsaccords en la matire .
Cette Europe , cette Union europenne est aujourd ' hui un espace de paix , car c ' est le droit , et non la loi du plus fort , qui y rgne . Mettons tout en ?
uvre  l ' avenir pour ne pas assister  la cration d ' un nouvel axe entre capitales - les unes contre les autres - mais pour que les Europens agissent dans le cadre de la Communaut .
C ' est l ' objectif que nous devons nous fixer en ce moment !
<P>
( Applaudissements  droite )
<SPEAKER ID=13 LANGUAGE="ES" NAME="Barn Crespo (PSE).">
Monsieur le Prsident , Monsieur le Prsident en exercice du Conseil , Monsieur le Commissaire , Mesdames et Messieurs , l ' heure est grave .
La chronique d ' une guerre annonce devient ralit .
Au nom de mon groupe , le groupe des socialistes , je regrette profondment l ' chec de la voie pacifique et j ' espre que nous n ' assisterons pas  une destruction massive de la population civile , avec son cortge de morts et de destructions dans une population dont la moiti est ge de moins de quinze ans .
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Le peuple irakien est aujourd ' hui doublement puni : il est soumis  Saddam Hussein et il subit par ailleurs une guerre injuste .
tant donn cette situation gravissime , nous demandons  nouveau aux gouvernements des tats membres de notre Union et de ses futurs membres de ne pas participer  une guerre prventive unilatrale , moralement et lgalement douteuse et contraire  l ' opinion de la majorit des Europens .
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( Applaudissements  gauche )
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Notre groupe lance un nouvel appel au Conseil europen , qui se runit aujourd ' hui , afin que celui-ci redouble d ' efforts , surmonte la division actuelle et trouve une voix europenne unie .
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Notre Union est une communaut de valeurs rgie par le droit et les tats membres ont l ' obligation de se laisser guider par la solidarit et par les engagements mutuels qui sont inscrits dans les Traits et qui inspirent la PESC .
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Nous nous trouvons en ce moment dans une situation rellement difficile .
L ' Union europenne est divise , les Nations unies sont bloques et nous sommes tmoins de cette logique de guerre annonce .
Cependant , nous ne devons cder ni au pessimisme ni au dfaitisme .
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Michel Rocard a affirm avec raison qu ' aucun de nos gouvernements ne conteste le fait que Saddam Hussein est un criminel de guerre dangereux , qu ' il a autrefois cherch  possder des armes de destruction massive par tous les moyens possibles , que sa parole et sa signature ne peuvent inspirer confiance et que le dictateur doit tre soumis  la justice de la Cour pnale internationale , point que le Parlement a vot en janvier , contre l ' avis du PPE-DE .
C ' est un aspect dans lequel nous devons persvrer .
La diffrence entre nous rside dans le rythme et dans les moyens .
En d ' autres termes , nous devons tre capables de nous demander pourquoi les Europens se sont diviss d ' une manire aussi radicale .
C ' est notre responsabilit .
Et  cet gard , je partage l ' avis du prsident du Parti des socialistes europens , Robin Cook , qui a dclar  la Chambre des communes que nos intrts sont mieux protgs par des accords multilatraux et par un ordre mondial rgis par des rgles que par des actions unilatrales .
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( Applaudissements  gauche )
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Chers collgues , la question n ' est pas de savoir si nous sommes plus ou moins amis avec les tats-Unis .
Nous sommes des partenaires loyaux et non des vassaux .
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( Applaudissements  gauche )
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Aujourd ' hui , la diffrence rside dans le fait que nous ne partageons pas la doctrine de l ' attaque prventive de l ' administration Bush .
Et je ne peux accepter que Jimmy Carter soit moins amricain parce qu ' il soutient que cette guerre est injuste .
C ' est totalement absurde .
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( Applaudissements  gauche )
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Par ailleurs , l ' actuelle administration des tats-Unis cherche  redessiner toute la carte du Moyen-Orient , un sicle aprs que deux puissantes colonies europennes -la Grande-Bretagne et la France - se soient rparti le Moyen-Orient au tire-ligne ; il suffit de regarder la carte .
Cette attitude n ' a plus sa place dans le monde d ' aujourd ' hui .
Et il est absolument immoral que l ' on nous dise , comme nous le savons tous , que le march de la reconstruction de l ' Irak a dj t distribu - et en tte de liste se trouve l ' entreprise que le vice-prsident des tats-Unis prsidait il y a deux ans encore .
C ' est inacceptable .
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Monsieur le Commissaire , mon groupe votera en faveur de l ' aide humanitaire pour les civils irakiens .
Quant  la reconstruction , nous devrons en discuter ; ce ne sera pas  nous de payer les pots casss des autres , comme cela se produit en ce moment en Palestine , par exemple .
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( Applaudissements  gauche )
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C ' est donc une responsabilit que la Commission doit assumer .
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Si vous me le permettez , je comprends que , aprs le 11 septembre , les tats-Unis vivent dans la peur , mais un grand Amricain , un grand prsident amricain , Franklin Delano Roosevelt , a dclar , au moment o il a envoy les tats-Unis servir la noble cause de la libration de l ' Europe - dont j ' exclus malheureusement mon pays - que la seule chose que nous ayons  craindre est la peur elle-mme .
Il ne faut donc pas vivre de la peur et de la crainte .
Il faut vivre positivement .
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Et lorsque l ' on demande de dialoguer avec d ' autres cultures , je dois vous dire , Monsieur Poettering , que le dialogue avec l ' islam - et pas uniquement avec le peuple arabe - doit s ' tablir sur une base positive et qu ' un grand pote arable de mon pays , Ibn Hamz de Cordoue , a dclar  juste titre que la fleur de la guerre est infconde ; ne l ' oublions surtout pas .
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( Applaudissements  gauche )
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Il n ' est pas possible d ' entamer un dialogue  partir de la menace et de la guerre .
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Permettez-moi d ' ajouter ,  propos de ce qui s ' est pass au Conseil de scurit - o de nombreux pays ont refus de cder  la pression - , que , comme l ' a galement fait remarquer Robin Cook , nous ne pouvons ignorer ce qui est fondamental , c ' est--dire que , si nous croyons vritablement en une communaut internationale fonde sur des normes et des institutions inalinables , nous ne pouvons simplement pas nous en carter lorsqu ' elles nous sont dfavorables .
C ' est fondamental .
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Si nous croyons dans les Nations unies , nous devons les soutenir et les renforcer .
Nous ne pouvons pas assumer unilatralement la responsabilit d ' affirmer que ce qui a t ralis jusqu '  prsent n ' a pas de sens .
Si nous voulons tous la paix , si nous sommes contre les tyrans sanguinaires , si nous sommes en faveur d ' une politique active d ' limination des armes de destruction massive , nous devons tre capables , Monsieur le Prsident en exercice du Conseil , de nous unir  nouveau . Et mon groupe vous demande instamment de transmettre ce message , cette exigence , que de millions de concitoyennes et concitoyens europens soutiennent , afin que le Conseil europen cesse de se donner en spectacle et que nous soyons capables de nous unir , mais galement de relancer srieusement le processus de paix au Moyen-Orient - qui est absolument crucial - et d ' assurer notre avenir au sein d ' une Union europenne forte , consolide et capable envers elle-mme et envers le monde .
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( Applaudissements  gauche )
<SPEAKER ID=14 LANGUAGE="EN" NAME="Watson (ELDR).">
Monsieur le Prsident , ce n ' est pas une guerre juste .
Les dmocrates libraux n ' ont eu de cesse de rpter dans cette enceinte que la guerre ne se justifierait qu ' en dernier ressort , si les inspections chouaient et que le recours  la force tait explicitement autoris par le Conseil de scurit de l ' ONU .
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Nous prfrons la force des arguments  l ' argument de la force .
Nanmoins , en dpit de notre dgot pour le rgime de Saddam Hussein , nous regrettons profondment qu '  l ' heure o nous prenions notre petit djeuner  Bruxelles , les bombes tombaient sur Bagdad .
Pour le peuple irakien et nos troupes qui font leur devoir de soldats professionnels , j ' espre que cette guerre sera aussi rapide et aussi peu sanglante que possible .
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En l ' absence de toute lgitimit et de toute autorit morale confres par l ' ONU , les pays qui mnent cette guerre se doivent de le faire dans le respect des normes et des conventions internationales .
Cela signifie ne pas faire un usage disproportionn de la force , ne pas utiliser les bombes  fragmentation qui rpandent des mines de petite taille dans les alentours de leur point d ' impact , ne pas utiliser de gaz innervants tels que ceux utiliss dans le thtre de Moscou , ne pas utiliser l ' pouvantable bombe MOAB , " mre de toutes les bombes " , dont le souffle et le " champignon " causent des destructions massives .
Ils devraient galement veiller  ne pas parsemer le dsert irakien d ' uranium appauvri .
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( Applaudissements du groupe ELDR )
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Une fois cette guerre termine , il sera essentiel que les tats-Unis et le Royaume-Uni assument leurs responsabilits et reconstruisent rapidement un Irak pacifique , stable et prospre , au profit des habitants de ce pays , qui ont tant souffert de notre rgime de sanctions .
Cela exigera la leve des sanctions et une aide humanitaire immdiate .
Cela exigera l ' union des diffrentes communauts qui composent l ' Irak et la mise en place d ' institutions stables , garantes de l ' avenir .
En outre , ils devront aussi mettre en place un tribunal pnal charg de juger les crimes du rgime irakien et rendre le contrle des gisements de ptrole au peuple irakien .
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Si ces pays peuvent faire preuve de la mme conviction et de la mme dtermination pour rsoudre le conflit isralo-palestinien et du mme zle que celui qu ' ils exigent des Irakiens en ce qui concerne l ' limination de leurs propres armes de destruction massive , nous pourrions alors avancer .
Il est essentiel que les USA ne dcident pas unilatralement du sort de l ' Irak .
Une fois cette guerre termine , l ' Union europenne doit se faire le porte-tendard des valeurs humanistes .
Nous devons faire preuve d ' ouverture d ' esprit et de gnrosit et assumer pleinement nos responsabilits dans la reconstruction de l ' Irak .
L ' heure n ' est pas aux marchandages avec les USA quant au cot de la reconstruction .
L ' Europe doit jouer son rle , sans arrire-penses .
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Lors de leur rencontre de ce week-end , nos chefs d ' tat et de gouvernement doivent dbattre des moyens aptes  attnuer les rpercussions de ce conflit sur l ' conomie europenne ; de la faon dont la BCE peut tre en mesure de rtablir rapidement la confiance dans notre monnaie , si cela s ' avre ncessaire ; et de la manire dont les gouvernements pourraient ritrer leur engagement en faveur des rformes ncessaire pour relancer l ' conomie europenne .
Ils doivent galement dbattre des raisons de l ' chec de l ' Europe dans la question irakienne - et tre prts  en dbattre une fois la crise termine .
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Pourtant , cette crise pourrait tre un tournant , si nos chefs d ' tat et de gouvernement convenaient enfin de la ncessit d ' une politique trangre commune et d ' un sige unique de l ' UE au Conseil de scurit de l ' ONU . En effet , le tribalisme chaotique europen permet  Washington de rafler la mise .
S ' il est une leon  tirer de cette crise  Londres , Paris , Berlin et Madrid , c ' est que notre vision du monde prvaudrait si nous disposions d ' une politique trangre et de scurit commune .
<SPEAKER ID=15 NAME="Wurtz (GUE/NGL).">
Monsieur le Prsident , le jour se levait sur Bagdad , ce matin , quand la population - ces hommes , ces femmes , ces enfants , que nous avons t quelques-uns ici  croiser ,  voir vivre ,  interroger , voici quelques semaines , et dont les visages nous reviennent  l ' esprit en ces heures dramatiques - a t tire du sommeil par le bruit assourdissant et insupportable des premires bombes .
Ils savent que 3 000 missiles vont tre largus sur l ' Irak ds la premire phase de la guerre .
Ils s ' attendent  voir ou  revoir la terrible noria des F-15 , des F-16 , des B-1 , des B-2 , des B-52 , des Awacks , des Apaches , s ' acharner sur leur pays .
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Bush ose voquer l ' honneur et la morale et invoquer Dieu , alors qu ' il a pris la plus inhumaine , la plus impardonnable des dcisions , celle d ' interrompre le dsarmement pacifique de l ' Irak pour lancer contre ce pays , puis par les guerres prcdentes et par un embargo criminel , et dont la moiti de la population - on l ' a dit - n ' a pas quinze ans , 600 avions de combat , 70 btiments de guerre , 6 porte-avions , des colonnes de chars et 300 000 soldats .
Peut-tre certains des 600 journalistes intgrs dans les forces armes iront-ils jusqu '  nous livrer quelques scnes de liesse populaire : Irakiens accueillant leurs librateurs avec des sucreries et des fleurs , comme l ' a promis ,  George W. Bush , Kanan Makiya , figure de proue des exils irakiens pro-amricains .

Le New York Times Magazine nous apprend ,  propos de ce conseiller prsidentiel qui vit  Cambridge depuis 1968 , qu ' il a pass une grande partie du temps de son entretien  la Maison-Blanche , en janvier dernier ,  expliquer  son illustre hte qu ' il existe deux sortes de musulmans en Irak : les chiites et les sunnites .
C ' est dire si la connaissance de ce pays et la rflexion sur son avenir sont pousses loin au sommet du pouvoir amricain !
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Et ce sont ces gens-l qui prtendent dcider ,  la place de la communaut internationale , de la guerre ou de la paix .
Quelles perspectives offrent-ils au peuple irakien ?
L ' viction de Saddam Hussein ?
Le peuple irakien ne pleurera sans doute pas le dictateur .
Mais aprs ?
Une occupation militaire amricaine  long terme dans l ' un des plus grands et des plus emblmatiques des pays arabes ?
Qui peut croire que ce serait accept ?
Et quelles perspectives offrent-ils au monde en gnral ?
De nouvelles chasses aux tats-voyous sous d ' autres cieux , comme le laisse entendre le gnral Westley Clarck , qui dirigea les forces de l ' OTAN en Yougoslavie et pour qui , je le cite , " si notre ultime but est d ' obtenir la fin des menaces terroristes , l ' Irak ne constitue qu ' une bataille dans une campagne autrement plus vaste " ?
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Mesurons-nous bien dans quel engrenage dstabilisateur pour toute la rgion et menaant pour la scurit de la plante entire nous sommes entrans ?
Une superpuissance bnficiant d ' un rapport de forces sans prcdent dans l ' histoire s ' affirme ouvertement comme impriale , quitte  aggraver les fractures ,  alimenter le dsordre mondial et  nourrir le terrorisme .
L ' histoire retiendra que l ' opinion publique mondiale s ' est fortement exprime et mobilise contre cette politique irresponsable .
Elle retiendra que des voix courageuses se sont fait entendre , y compris celles des glises .
Elle retiendra que des hommes d ' tat ont os dire non et tenir bon face aux pressions , aux calomnies , voire aux menaces .
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Que retiendra-t-on de l ' Europe dans ces circonstances historiques ?
Ce matin , je l ' avoue , je n ' ai rien entendu sur l ' essentiel .
L ' Europe osera-t-elle demander l ' arrt immdiat de cette guerre injuste , illgale et dangereuse ?
Que dit-elle du sort de la population irakienne , ...
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( Applaudissements  gauche )
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...
y compris des rfugis kurdes et iraniens qui risquent d ' tre menacs  la faveur de cette guerre ?
Unanimit ou pas parmi les Quinze , il y a des enjeux dont l ' Europe peut et doit se saisir en tout tat de cause , parce qu ' ils relvent des fondements mmes de notre systme international en vigueur depuis 1945 et du droit qu ' il incarne aux yeux de toutes les dmocraties .
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Ainsi l ' Europe doit-elle s ' exprimer sur la nouvelle doctrine stratgique de l ' administration Bush , qui magnifie la force militaire , qui justifie l ' unilatralisme et qui lgitime la guerre prventive .
Elle doit s ' lever avec force contre le prcdent gravissime que reprsente le fait que le secrtaire amricain  la Dfense n ' exclut pas l ' usage d ' armes nuclaires tactiques ou de gaz innervant en Irak .
Elle doit dnoncer en toute clart la dcision irresponsable , prise unilatralement par un groupe d ' tats , dont deux pays membres , de dclencher une guerre sans l ' aval du Conseil de scurit de l ' ONU , et mme contre l ' avis de l ' crasante majorit de ses membres .
Elle doit s ' engager de faon beaucoup plus offensive pour la relance effective du processus de paix au Proche-Orient , pour une solution juste et durable du problme palestinien .
Or , en laissant se poursuivre la guerre en Irak , on ouvre la voie au pire au Proche-Orient .
On ouvre les portes de l ' enfer , avait prvenu le prsident de la Ligue arabe .
La seule institution europenne  avoir pris position sur cette guerre est finalement notre Parlement .
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( Applaudissements  gauche )
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Je rappelle les termes de notre rsolution , adopte ds le 30 janvier dernier , dans laquelle le Parlement europen raffirmait son engagement  l ' gard de la paix et du droit international ; soutenait pleinement les travaux de MM .

Hans Blix et El Baradei ; estimait que les violations de la rsolution 1441 actuellement releves par les inspecteurs ne justifiaient pas le lancement d ' une action militaire ; et , enfin , exprimait son opposition  toute action militaire unilatrale et estimait qu ' une frappe prventive contreviendrait au droit international ainsi qu '  la Charte des Nations unies et qu ' elle engendrerait une crise plus grave qui impliquerait d ' autres pays de la rgion .
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Voil qui , au moins , fournit  notre Prsident la base d ' une intervention claire , explicite et forte lors du Conseil europen de ce jour .
Mais nous ne serons pas quittes pour autant .
Face aux vnements trs graves qui se droulent sous nos yeux , qui risquent de dgnrer de faon dramatique , il faut prendre nos responsabilits pour enrayer la logique de guerre .
La vieille Europe doit se montrer capable de faire merger la vision d ' un nouveau monde .
coutons les appels pressants de nos concitoyens .
C ' est ce qu ' ils attendent de nous .
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( Applaudissements  gauche )
<SPEAKER ID=16 LANGUAGE="IT" NAME="Frassoni (Verts/ALE).">
Monsieur le Prsident , je voudrais avant tout vous remercier de la convocation de ce dbat , de cette sance extraordinaire , chose qui fut par ailleurs dj faite lors de la premire Guerre du Golfe .
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Monsieur le Prsident , la dclaration de guerre de Bush est illgale ; les tentatives du gouvernement britannique de trouver une justification  l ' attaque arme sont pathtiques et spcieux .
Les Nations unies n ' ont pas chou !
Elles ont correctement reprsent la position de l ' opinion publique mondiale .
Les procdures existantes , avec toutes leurs limites , auraient t plus que suffisantes pour empcher le dclenchement de la guerre , pour faire continuer les inspections , tout en assurant - nous en sommes convaincus - le dsarmement de Saddam et - pourquoi pas ? - galement sa future traduction devant un tribunal international , si seulement les tats-Unis et le Royaume-Uni avaient respect les rgles ,
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si seulement les autres gouvernements vassaux des Amricains , en particulier les membres actuels et futurs de l ' Union , avaient fait prvaloir le droit sur la gratitude envers les tats-Unis , une gratitude comprhensible mais qui se rapporte au pass et surtout  une administration d ' un calibre totalement diffrent de l ' actuelle .
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L ' avenir que l ' attaque de cette nuit annonce est un avenir de guerre .
Nous nous demandons tous qui est le prochain coup sur le programme lectoral du prsident Bush , parce que son programme n ' a rien  voir avec les violations du droit international ou des rsolutions du Conseil de scurit .
En trente-cinq ans , pas moins de cent six rsolutions ont t violes : trente-et-une par Isral , vingt-trois par la Turquie , dix-huit par le Maroc , seize par l ' Irak , etc .
C ' est cet arbitraire total , ce manque de crdibilit des discours de Bush sur la dmocratie et sur la lgalit qui nous dconcertent aujourd ' hui et nous obligent  agir .
Nous ne sommes pas amricains , nous sommes europens et nous devons constater que ce n ' est pas uniquement la lgalit internationale qui a t foule aux pieds , mais aussi la lgalit europenne .
Nous pensons que toutes les rgles du Trait doivent tre respectes et possdent le mme statut , y compris l ' article 19 qui impose aux membres europens du Conseil de scurit  dfendre les positions et les intrts de l ' Union , ce qu ' ils n ' ont videmment pas fait .
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( Applaudissements )
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Nous voudrions que la Commission , gardienne des traits , et le Parlement le disent haut et fort .
L ' Union europenne , Monsieur le Commissaire Patten , ne peut tre rduite  une agence humanitaire ,
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( Applaudissements )
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et cette Assemble ne peut tre rduite  un organe consultatif d ' une agence humanitaire .
Nous estimons que le Royaume-Uni et l ' Espagne ont agi de manire inconsidre , illgale et incomprhensible , en soutenant une attaque que leurs opinions publiques n ' approuvent pas .
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( Applaudissements )
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Nous pensons que le gouvernement italien , prochaine prsidence et membre fondateur , a augment la confusion rgnante par son attitude ondoyante , mais nous pensons galement que la France et l ' Allemagne ont viol elles aussi l ' article 19 en ne cherchant pas immdiatement un accord avec les quinze tats membres et en ne se concertant pas avec la prsidence grecque , qui a essay ds le dbut de mettre au point un rle digne de ce nom pour l ' Union europenne .
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Nous refusons le choix que cette ralit nous impose aujourd ' hui : une position juste mais impuissante , comme celle de la France et de l ' Allemagne , qui n ' est pas parvenue  viter la guerre ; une position errone , comme celle du Royaume-Uni et de l ' Espagne , qui dconcerte les peuples , appuie la guerre et en prpare de nouvelles .
Si l ' Union europenne avait dispos d ' un sige permanent aux Nations unies , si elle avait t oblige par des institutions communes et des rgles contraignantes d ' adopter tout de suite une position unitaire , nous osons penser aujourd ' hui encore que la guerre n ' aurait pas clat cette nuit .
Tel est le dfi que nous devons relever , que la Convention doit relever , mme si elle semble parfois ne pas en tre consciente .
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Nous devons toutefois envoyer des signaux plus urgents et immdiats , et le premier concerne le Moyen-Orient .
Nous ne croyons pas que , au-del de l ' annonce tardive sur la feuille de route , l ' administration Bush soit vraiment dcide  instaurer la paix au Moyen-Orient ,  arrter Isral dans ses oprations militaires . Il est vident qu ' il incombera  l ' Union europenne d ' assurer le suivi rel de la feuille de route .
Monsieur le Prsident , nous attendons une initiative de ce point de vue .
Le second signal nous concerne nous : ce serait une grave , une trs grave erreur de remettre  plus tard le Forum euromditerranen prvu en Crte  la fin du mois .
Ce serait un autre signe inutile d ' impuissance que nous ne pouvons vraiment pas nous permettre aujourd ' hui .
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( Applaudissements )
<SPEAKER ID=17 NAME="Pasqua (UEN).">
Messieurs les Prsidents , mes chers collgues , j ' prouve ce matin un sentiment de tristesse , en mme temps qu ' un sentiment de malaise .
Sentiment de tristesse parce que , d ' autres l ' ont dit bien avant moi , la guerre est toujours un constat d ' chec et que , malheureusement , ce qui se passe ne peut que nous remplir de tristesse et aussi nous donner un sentiment d ' insatisfaction .
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Mais j ' prouve un certain malaise parce que , en dfinitive , je pense que nous avons tous t quelque peu abuss .
Pendant des semaines et des mois en effet , il a t question des efforts  accomplir pour obtenir le dsarmement de l ' Irak par des voies pacifiques , alors qu ' en ralit , la dcision de l ' intervention militaire des tats-Unis tait  mon avis prise depuis dj bien longtemps .
Il suffit , pour s ' en convaincre , de lire , par exemple , le rapport de l ' Institut James Baker du mois de dcembre dernier qui dfinit quels devraient tre les principes de la politique des tats-Unis concernant l ' Irak aprs la guerre .
Je crois donc que la dcision d ' utiliser la force tait prise il y a dj plusieurs mois .
Nous avons t amens  discuter du dsarmement par des moyens pacifiques , et c ' est ce qui a permis aux tats-Unis de rassembler leurs forces .
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Cela tant , la question qui se pose  nous n ' est pas , je crois , comme le disait le commissaire Patten tout  l ' heure , de savoir si nous voulons , ici , tre avec les Amricains ou contre eux , nous entendre avec les Amricains ou ne pas nous entendre avec eux .
Elle est beaucoup plus simple : voulez-vous , voulons-nous d ' une Europe indpendante des tats-Unis ?
Si oui , il faut poser la question aux peuples , et nous avons bien vu , ces jours-ci , que les peuples sont disposs  faire entendre leur voix et  rpondre .
Ce sont seulement les peuples qui nous permettront de faire avancer la construction d ' une Europe qui soit indpendante , c ' est--dire qui ne soit pas l ' adversaire des tats-Unis , mais sa partenaire sur un pied d ' galit .
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Aujourd ' hui , on nous dit : l ' Irak divise l ' Union europenne .
Non , Mesdames , Messieurs , l ' Irak ne divise pas l ' Union europenne !
L ' affaire irakienne agit comme un rvlateur .
L ' Union europenne est profondment divise .
Il y a , parmi les tats europens , certains tats qui privilgieront toujours l ' alliance avec les tats-Unis sur la construction d ' une Europe indpendante .
Voil la ralit .
Et c ' est parce que nous n ' avons jamais eu le courage , nos gouvernements n ' ont jamais eu le courage d ' engager le dbat  ce sujet que nous avons assist au spectacle que nous connaissons .
Ce n ' est ni la faute de la France ni de l ' Allemagne .
C ' est la faute de tous ceux qui dirigent , depuis plus de quarante ans , les pays de l ' Union europenne et qui ne sont jamais alls au fond du problme .
Il faudra bien se dcider  le poser .
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Mais si l ' on veut une Europe indpendante , il faut savoir qu ' elle a un prix .
On ne peut pas , dans le mme temps , vouloir l ' indpendance de l ' Europe et nous en remettre , pour sa scurit , aux seuls tats-Unis . Car ce sont eux qui supportent les consquences de l ' organisation militaire en cas de problmes graves .
Si l ' Union europenne veut exister , elle doit s ' en donner les moyens .
Voil les choses telles qu ' elles sont ; voil les ralits !
Tout le reste est secondaire .
On peut bien faire quantits de runions , l ' Union europenne peut bien se considrer comme une super-ONG , tout cela est trs bien . Mais , compte tenu de son histoire , elle devrait avoir une autre vocation que celle-l .
<SPEAKER ID=18 LANGUAGE="EN" NAME="Bonde (EDD).">
Monsieur le Prsident , comme la plupart des groupes , le groupe EDD est partag .
Certains d ' entre nous considrent la guerre invitable , d ' autres ne le pensent pas .
Notre mission commune consiste  la limiter autant que faire se peut et  inviter les tats voisins  se garder de toute interfrence .
Prions pour que cette guerre s ' achve aussi vite que possible , afin que de nouveaux innocents n ' en soient pas les victimes .
Ensuite , tirons-en les enseignements et recherchons une paix durable dans l ' ensemble de la rgion , y compris entre Isral et la Palestine .
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Les tats membres de l ' UE peuvent y contribuer par l ' aide au dveloppement et l ' ouverture de nos marchs , qui amnera la prosprit dans la rgion .
Cette approche pourrait s ' avrer le seul moyen d ' viter une escalade du terrorisme .
La leon  en tirer est que nous appuyons tous l ' action des Nations unies et souhaitons rformer cette organisation , afin que notre institution commune de maintien de la paix soit en mesure de remplir sa mission .
Kofi Annan souhaite qu ' une force de raction rapide soit en mesure d ' intervenir pour la paix .
Pourquoi ne pas s ' engager dans cette voie , plutt que de crer une force militaire europenne commune ?
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En conclusion , il est clair qu ' une politique trangre et de scurit commune dcide  la majorit qualifie n ' est pas une solution .
Au sein du Conseil europen , il n ' y a en effet pas de majorit qualifie pour soutenir la guerre ou pour s ' opposer  celle-ci .
Le groupe des cinq dispose d ' une minorit de blocage ; il en va de mme du groupe des dix .
Une politique trangre commune qui suivrait des rgles nouvelles en matire de majorit qualifie quivaudrait  une coquille vide .
La seule approche qui s ' offre  l ' UE est de s ' attacher  son consensus et de laisser les questions de guerre et de paix aux Nations unies .
<SPEAKER ID=19 LANGUAGE="IT" NAME="Pannella (NI).">
Messieurs les Prsidents , Mesdames et Messieurs , pendant dix ans vous n ' avez pas voulu ? uvrer  l ' aprs-Saddam ,  la dfense de la vie et du droit en Irak et au Moyen-Orient , et nous nous retrouvons , grce  vous ,  devoir parler de l ' aprs-guerre .
La guerre est le cadeau que nous fait l ' Europe respectueuse du droit , votre Europe .
Permettez-moi de dire que nous , non violents et gandhiens , nous battrons ds aujourd ' hui pour qu ' il ne se passe pas une minute , de guerre ou d ' autres mesures , aprs le dsarmement de Bagdad . Pas une minute !
En aurons-nous la force ?
Nous ne crierons pas " La paix !
" pour l ' assassiner comme il y a soixante ans !
Nous sommes dans l ' illgalit ?
Comme de Gaulle !
Vous tes respectueux du droit comme le gouvernement de Vichy !
Nous sommes illgaux comme la rsistance irakienne , comme la rsistance europenne .
Nous vous disons maintenant que nous livrerons ce combat ds maintenant : la paix fonde sur le droit et la libert !
Europe vile , Europe de Vichy !
Ce n ' est pas l ' Europe des antifascistes , l ' Europe d ' Altiero Spinelli , l ' Europe d ' Ernesto Rossi , l ' Europe de ceux qui nous ont donn rellement le droit de regarder droit dans les yeux les hritiers de Lafayette , ce que vous ne faites pas avec votre vieille haine fasciste , communiste , papiste ,  l ' encontre de la rforme librale et religieuse du monde !
<SPEAKER ID=20 LANGUAGE="EN" NAME="Jonathan Evans (PPE-DE).">
Monsieur le Prsident , les penses et les prires de mes collgues conservateurs britanniques accompagnent aujourd ' hui les hommes et les femmes des forces armes de mon pays ,  qui incombe la responsabilit lourde et dangereuse d ' anantir les armes de destruction massive dont dispose Saddam Hussein .
Bien que la communaut internationale ait reconnu de longue date la menace que reprsentait Saddam pour la scurit mondiale , nos institutions ont malheureusement t incapables de mettre en ? uvre leurs dcisions et d ' imposer le dsarmement de l ' Irak , rclam dans 17 rsolutions .
Je dois dire qu '  entendre ce dbat , je me demande vraiment si certaines personnes ont jamais eu l ' intention de voir ces rsolutions mises en ? uvre .
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Toutefois , l ' heure n ' est pas  l ' argumentation de nos divergences .
Comme l ' a dit le commissaire , il est des leons que l ' ONU , l ' OTAN et l ' Europe devront tirer .
Cela comprend la ncessit pragmatique de parvenir  un consensus europen  part entire en cas de division patente - division qui transparat mme dans ce dbat .
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C ' est bien parce que nous sommes au premier chef responsables de la dfense et de la scurit de nos concitoyens , ainsi que de la sauvegarde de nos valeurs dmocratiques - les valeurs mmes qui dfendent la libert de prendre part aux manifestations qui ont eu lieu aux quatre coins de l ' Europe ces derniers jours - que mon parti a octroy un soutien clair au gouvernement britannique et au Premier ministre , Tony Blair , pour qu ' il reoive un oui franc et massif dans le cadre du vote de confiance organis au sein de notre parlement , mardi dernier dans la soire .
<P>
 prsent que la guerre a dbut , l ' attention de l ' opinion internationale s ' est clairement focalise ailleurs : je me rjouis toutefois de la publication de la feuille de route relative au processus de paix au Moyen-Orient et j ' estime qu ' elle ne devrait pas faire l ' objet du cynisme manifest au cours du prsent dbat .
Nous devrions tous saluer cette annonce , si notre engagement en faveur de la paix dans cette rgion est sincre .
Je salue galement la reconnaissance du rle de l ' ONU dans la reconstruction de l ' Irak , une fois le conflit termin .
<P>
Aprs avoir entendu un message qui m ' avait sembl quelque peu diffrent la semaine dernire , je juge encourageants les propos du commissaire Patten  propos de la reconstruction .
Il est indubitable que , si nous connaissons la paix , la dmocratie et la libert d ' expression , c ' est parce que l ' histoire europenne nous a appris que la gnration prcdente - et j ' y inclus les tats-Unis dirigs par M. Roosevelt - s ' est battue pour la sauvegarde de ces liberts .
Ne pas s ' opposer  Hussein aujourd ' hui pourrait menacer ces liberts  l ' avenir .
<P>
( Applaudissements  droite )
<SPEAKER ID=21 LANGUAGE="NL" NAME="Van den Berg (PSE).">
Monsieur le Prsident , je tiens au nom de mon groupe  exprimer notre colre , notre amertume et notre profond dsaveu face  la grave violation du droit international de la Charte des NU par tous les pays qui s ' engagent dans cette guerre .
Je constate  mon grand effroi que certains membres de ce Parlement veulent en assumer la responsabilit politique .
Je pensais que nous avions convenu d ' agir par l ' intermdiaire du Conseil de scurit ?
Que nous voulions soutenir Kofi Annan , Hans Blix et les inspections pour le dsarmement de Saddam ?
Que nous voulions traduire Saddam devant la Cour pnale internationale ?
Parfait !
Mais alors , par la voie du Conseil de scurit .
Voil qu ' aujourd ' hui nous avons quitt la voie du Conseil de scurit , que nous avons fait un pas unilatral en direction de la guerre et que j ' en entends certains dclarer qu ' ils veulent en assumer la responsabilit politique .
Mon groupe , et la majorit du Parlement avec lui je l ' espre , ne veut en aucun cas en assumer la responsabilit politique .
En d ' autres termes , nous en appelons  tous les tats membres ,  tous les gouvernements d ' Europe , pour qu ' ils n ' apportent aucun soutien  cette guerre , que ce soutien soit d ' ordre politique ou militaire .
<P>
( Applaudissements  gauche )
<P>
Monsieur le Prsident , cela signifie qu ' en dpit d ' une procdure de dsarmement qui commenait  porter ses fruits et qu ' en dpit des supplications de Hans Blix et de Kofi Annan pour que le monde international respecte le droit international , un terrible coup vient d ' tre port  ce droit international .
Cela devait tre dit .
Bien sr , nous sommes tous responsables de la reconstruction , bien sr nous sommes tous du ct du droit international et d ' une approche multilatrale .
C ' est pourquoi nous disons , c ' est pourquoi je dclare ici que l ' Europe ne peut devenir la victime de la pax americana des tats-Unis .
Nous devons chercher une nouvelle concorde au sein de l ' Europe .
Nous devons  nouveau chercher cette voix unique , et cette voix unique est celle de la prvention des conflits , celle du soutien au droit international et  l ' approche multilatrale , celle aussi qui finira toujours par assumer la responsabilit mondiale de ce dialogue international , du dialogue au sein de l ' islam et , depuis notre monde , de la collaboration avec le monde arabe . Mais comme le prsident de mon groupe , Enrique Barn , l ' a trs justement dit : " La fleur de la guerre est une bien mauvaise faon d ' entamer ce dialogue " .
<P>
( Applaudissements  gauche )
<P>
Monsieur le Prsident , partant de cette ide matresse , je tiens  rpter une fois encore que nos tats membres , si nous pensons avoir besoin d ' une approche commune , devront respecter les articles stipuls dans notre trait commun .
Nous devons alors chercher cette position commune de manire effective , en dpit de toutes nos divergences .
Cette position commune tait et est encore le Conseil de scurit et le droit international et ne pourra jamais tre un acte unilatral .
Bien sr , nous demandons  l ' unisson de limiter la guerre .
Bien sr , nous demandons  l ' unisson de renforcer l ' Europe .
Bien sr , nous demandons  l ' unisson d ' essayer , dans la ralit que nous vivons aujourd ' hui , de veiller  ce que nous puissions recommencer  prendre des initiatives internationales .
Le prsident en exercice , le ministre des Affaires trangres Papandreou , a  juste titre dclar que nous devions aujourd ' hui rflchir  de nouvelles actions , en concertation avec les dirigeants .
Mais essayez aussi d ' entendre la voix des peuples d ' Europe ; ils ont cette fois une longueur d ' avance sur nos dirigeants , car ils ont compris l ' Europe qu ' ils veulent .
Aujourd ' hui que vous tes rassembls en tant que dirigeants , respectez cette voix du peuple europen et comprenez que cette voix se place du ct de la paix et du droit international .
<P>
Les tats-Unis , Monsieur le Prsident , ont peut-tre le pouvoir unilatral de commencer unilatralement une guerre , mais ni les tats-Unis ni aucun autre pays isol n ' a le pouvoir unilatral d ' assurer une paix permanente dans ce monde .
C ' est pourquoi nous avons besoin d ' une Europe forte et de Nations unies fortes .
J ' espre que nos dirigeants europens entendront cette voix aujourd ' hui .
<P>
( Applaudissements  gauche )
<SPEAKER ID=22 LANGUAGE="ES" NAME="Vallv (ELDR).">
Monsieur le Prsident , l ' attaque unilatrale que les tats-Unis ont lance montre une fois de plus que les Nations unies n ' ont pas t un instrument valable .
L ' Union europenne dmontre galement que la politique extrieure commune n ' a pas t commune .
Nous devons peut-tre rappeler cette date du 30 aot 1954 , o une Union europenne de dfense n ' avait pas abouti .
<P>
Je regrette la lettre des huit membres .
Je regrette aussi que le gouvernement espagnol ait dpens plus d ' nergie  justifier la lgitimit du recours aux armes qu '  chercher des solutions diplomatiques au conflit .
Je me flicite que le parlement de Catalogne ait adopt une rsolution par laquelle il a demand au gouvernement espagnol de soutenir le rle du Conseil de scurit afin de permettre la poursuite du travail des inspecteurs et de rejeter l ' usage de la force en marge des Nations unies . Je me rjouis galement que les manifestations qui ont eu lieu dans les rues de Barcelone et d ' autres villes de Catalogne aient montr que notre pays tait oppos  la guerre et adhrait  l ' opinion de son parlement .
<SPEAKER ID=23 LANGUAGE="NL" NAME="Maes (Verts/ALE).">
Monsieur le Prsident , la guerre a commenc et les dix premires victimes irakiennes sont tombes  Bagdad .
Tels sont les faits .
 partir de maintenant , ce sont les armes qui parlent et les mots deviennent des armes dont il faut se mfier .
Penchons-nous sur les faits et le vritable ordre du jour deviendra clair .
Que doit-il figurer  notre ordre du jour ?
<P>
Nos peuples sont profondment dus , Monsieur le Prsident du Conseil , parce que l ' Europe et ses puissantes institutions n ' ont pas su viter cette guerre .
Nos politiciens europens devront se justifier de leur impuissance auprs du peuple .
Nos politiciens europens devront trouver des solutions afin de pouvoir  l ' avenir y apporter une vritable rponse .
<P>
Deuximement , la guerre tue , et tue surtout des civils innocents , des femmes et des enfants .
Nous devons en tant qu ' Union europenne nous efforcer de soulager la misre et d ' attnuer les souffrances .
La guerre est destructrice , et nous devrons , comme Max Van den Berg l ' a fait remarquer , tablir un cadre international pour la reconstruction .
<P>
Troisimement , on sait o la guerre commence , mais personne ne sait o elle finira . Les Kurdes du nord de l ' Irak craignent de perdre le peu de libert et d ' autonomie qu ' ils ont si pniblement acquis , au prix de tant de morts .
Ils craignent d ' tre  nouveau pris entre le marteau et l ' enclume .
Va-t-on sacrifier les Kurdes pour plaire  Ankara ?
Les Kurdes turcs craignent d ' tre crass par l ' arme .
Les Kurdes du nord de l ' Irak craignent l ' occupation en permanence .
L ' opposition iranienne craint que les Mullahs ne profitent de l ' occasion pour les anantir .
<P>
L ' Union europenne va-t-elle assister au dmantlement de l ' opposition irakienne ?
Les frustrations se dchaneront plus que jamais au Moyen-Orient .
Seule une solution avec un tat palestinien , solution qui se profile clairement , pourra mettre un terme  ces frustrations .
<SPEAKER ID=24 NAME="Coteaux (EDD).">
Monsieur le Prsident , les Nations unies disqualifies , l ' OTAN pulvrise , l ' Union europenne dcompose , voil , Mesdames et Messieurs , le grand fait du jour : ce n ' est pas la guerre , ou plus exactement la ratonnade internationale dont on dit ,  tort , qu ' elle a commenc cette nuit , alors que l ' Irak est bombard tous les jours par l ' empire depuis douze ans - je veux dire l ' empire et ses valets .
Le grand fait du jour n ' est pas davantage la folie de l ' empire , cet empire amricain  qui nous , Europens , donnons par lchet toutes les cls du monde depuis des annes , en restant fascins , en dpit de leur lente drive totalitaire , par leur culture , leurs images et leur langue .
<P>
Non , la nouveaut du jour , c ' est que le vieux rve du multilatralisme et de la scurit collective , qui avait anim tout le XXe sicle , est ananti .
Comme la SDN jadis , l ' ONU s ' enfonce dans l ' insignifiance .
La communaut internationale n ' est qu ' une formule creuse pour dsigner l ' empire et ses valets anglo-saxons .
Il ne reste que les tats et il ne reste , pour sauver l ' honneur de l ' Europe , que la France , assortie de la Belgique et de l ' Allemagne .
Ainsi nous n ' avons ici , dans ce dbat lgrement drisoire , qu ' une chose  dire : " L ' Union europenne se meurt .
Vive la souverainet des nations du monde !
Vive la nation irakienne !
Et vive la France !
"
<SPEAKER ID=25 NAME="Le Pen (NI).">
Messieurs les Prsidents , rien n ' aura donc pu dissuader le gouvernement amricain et ses complices britanniques et espagnols de dclencher une guerre prventive contre l ' Irak , sous le prtexte - que tout le monde sait mensonger - que l ' Irak constituerait une menace imminente pour les tats-Unis et mme pour le monde entier .
 la vrit , les tats-Unis menaient dj , depuis la fin de la guerre du Golfe , comme l ' a dit M. Coteaux , des oprations militaires , notamment ariennes , contre des objectifs irakiens , causant des pertes dans la population civile , et cela en pleine paix .
<P>
Dans le mme temps , ils se sont rendus coupables , par le biais d ' un blocus froce , d ' un vritable gnocide qui a , selon l ' ONU elle-mme , provoqu la mort de plus d ' un million d ' enfants irakiens .
<P>
L ' intention , aujourd ' hui cyniquement affiche dans les premires heures du conflit , d ' assassiner les dirigeants politiques irakiens constitue une tape nouvelle dans la marche vers la barbarie .
Ds lors , les chefs de la coalition ne pourront ni s ' indigner ni s ' tonner d ' tre dsormais les premires cibles de reprsailles terroristes .
La crise a dmontr l ' inanit de l ' Union europenne , dchire par les positions antagonistes de ses membres , et elle a dmontr qu ' avec des puissances moyennes ,  dfaut de pouvoir faire une grande puissance , on pouvait faire une grande impuissance .
<P>
Que ceux de nos pays qui ? uvrent pour la paix rclament , comme cela fut fait lors de la guerre de Core , la runion d ' une session extraordinaire de l ' Assemble gnrale des Nations unies .
On ne pourra peut-tre qu ' y parler , mais ce sera dj quelque chose de fait en faveur de la paix .
<SPEAKER ID=26 LANGUAGE="ES" NAME="Galeote Quecedo (PPE-DE).">
Monsieur le Prsident , nous regrettons tous l ' chec de l ' Europe dans cette crise et le fait que les instruments existants visant  coordonner notre politique extrieure ne se sont pas avrs efficaces .
<P>
Il est certain que notre groupe souhaite une position autonome de l ' Union europenne dans le monde , qui repose sur la dfense d ' intrts lgitimes , mais galement sur des valeurs comme la dmocratie , le respect des droits de l ' homme et la libert , c ' est--dire tout ce que le rgime de Saddam Hussein a saccag dans son propre pays et tout ce que nous partageons avec les tats-Unis .
<P>
Par consquent , mon groupe table sur le renforcement des relations transatlantiques qui nous ont unis  d ' autres moments de notre histoire , galement difficiles , comme l ' a dclar le prsident du gouvernement de Catalogne .
<P>
En dpit des divergences videntes au sein de l ' Union europenne , je crois que nous sommes obligs , aujourd ' hui plus que jamais , de raliser certaines choses ensemble : redoubler d ' efforts pour contribuer  la reprise du processus de paix au Moyen-Orient ou encore liminer les foyers de tension au Maghreb et donc apporter notre aide humanitaire durant le conflit , puis collaborer  la reconstruction humaine , politique et conomique du pays , comme l ' a indiqu la prsidence de l ' Union .
<P>
J ' invite la Commission europenne  se demander si elle ne s ' est pas prcipite dans quelques-unes de ses dclarations sur ce sujet .
<P>
Dans des moments comme ceux-ci , il est plus facile de regarder ailleurs , il est plus simple de se cacher derrire une pancarte que d ' affronter la tyrannie .
Parfois , c ' est aussi plus rentable .
Ce qui est impratif , c ' est le respect de l ' opinion d ' autrui .
L ' exprience nous enseigne toutefois , Monsieur le Prsident , que la force est la seule rponse  l ' oppression et nous ne sommes que des vassaux de nos convictions dmocratiques .
<P>
( Applaudissements  droite )
<SPEAKER ID=27 LANGUAGE="IT" NAME="Imbeni (PSE).">
Monsieur le Prsident , si nous devions choisir entre la dmocratie amricaine et la dictature irakienne , nous n ' hsiterions pas ; si nous devions choisir entre l ' Alliance transatlantique et les tyrans , nous n ' hsiterions pas .
En ralit , nous devons choisir entre Kofi Annan et Bush ; nous devons choisir entre Simitis et Prodi , qui sont les prsidents de l ' Union , et Blair et Aznar .
Kofi Annan est la lgalit , Bush non ; Simitis et Prodi sont l ' Union , les autres non .
Au nom de qui Bush a-t-il lanc l ' ultimatum  Saddam ?
Au nom de qui Blair et Aznar ont-ils ignor le document qu ' ils avaient sign lors du Conseil europen du 17 fvrier ?
<P>
Comme vous le savez , Monsieur le Prsident , nous avions convoqu le Forum euromditerranen pour la semaine prochaine en Grce , pour parler de paix , de progrs social , de coexistence .
De nombreux parlementaires de pays arabes , de pays de l ' Union europenne nous disent : comment pouvons-nous discuter de la future assemble parlementaire euromditerranenne alors que les bombes tombent sur Bagdad , alors que Kofi Annan , la lgalit , l ' ONU sont brutalement confins dans un coin par l ' arrogance de Bush , alors que commence une guerre unilatrale , prventive , injuste , illgale et , comme on l ' a dit , immorale et criminelle ?
Mme si le tyran tombe rapidement , le caractre arrogant de cette guerre subsistera .
En 1991 , il y avait l ' ONU ; en 1995 et en 1998 , l ' ONU , l ' OTAN et l ' Union europenne taient unanimes ; en 2001 , le monde entier tait aux cts de Bush et des tats-Unis contre le terrorisme .
Le prsident des tats-Unis a dilapid un capital politique et moral norme , il a frapp l ' ONU , il a divis l ' Union europenne , il a largi l ' Atlantique , il a rendu plus difficiles les relations avec le monde arabe .
Les dgts sont profonds !
<P>
La guerre a en effet commenc , Monsieur le Prsident , le 17 septembre 2002 , par l ' annonce au monde de la nouvelle stratgie de la doctrine Bush .
Nous avions les tats-Unis , un pays avec une grande hgmonie fonde sur la guerre pour la libration de l ' Europe , de l ' Afrique et de l ' Asie du nazisme et du fascisme , fonde sur la lutte contre le communisme durant toute la guerre froide ; aujourd ' hui , cette hgmonie risque de se transformer en domination fonde sur l ' usage de la force .
Il s ' agit l d ' une perte de la fonction historique des tats-Unis d ' Amrique et cela pourrait tre le dbut d ' une crise grave , d ' une crise qui pourrait toucher , comme l ' a dit Norman Mailer , la dmocratie  l ' intrieur des tats-Unis ; et si elle touche la dmocratie  l ' intrieur des tats-Unis , elle pourrait frapper galement la dmocratie en Europe , et notre libert pourrait elle aussi tre mise en danger .
C ' est pourquoi , Monsieur le Prsident Cox , Monsieur le Prsident Papandreou , dites avec clart , aujourd ' hui et demain au Conseil : l ' Europe a perdu avec cette guerre de Bush .
Nous avons perdu .
Mme si le tyran tombe , je le rpte , nous aurons perdu .
Les Europens qui sont vraiment les amis des Amricains , des citoyens des tats-Unis , ne peuvent tre au service de Bush .
Nous avons dcid , aprs la Seconde Guerre mondiale , " plus jamais Auschwitz , plus jamais la guerre " .
Nous devons construire notre nouvelle Europe sur la base d ' une nouvelle Constitution qui conserve ces deux piliers : plus jamais Auschwitz , plus jamais la guerre !
<P>
( Applaudissements )
<SPEAKER ID=28 NAME="Nordmann (ELDR).">
Monsieur le Prsident , les circonstances aujourd ' hui donnent une trs grande force aux premires images du film de Roman Polanski couronn l ' an pass , " Le Pianiste " , qui montrent le bonheur d ' une famille polonaise sablant le champagne  l ' annonce de l ' entre en guerre des Franais et des Britanniques pour aller au secours de la dmocratie polonaise en septembre 1939 .
La suite du film montre combien cette famille sera prouve .
<P>
Ces images sont utiles , car elles viennent temprer , et comme humaniser , la confiance que nous pouvons avoir aujourd ' hui dans une cause qui est finalement juste et un espoir d ' avenir dmocratique pour l ' Irak .
Car , en dernier ressort , les combats qui s ' engagent vont opposer les soldats d ' tats dmocratiques  un tat totalitaire .
Et face  une telle situation , l ' quidistance n ' est pas possible .
<P>
Monsieur le Prsident , la guerre est un mal . Mais il est des circonstances o elle peut tre un moindre mal .
La guerre est l et l ' Europe n ' a pas pu l ' empcher .
Cela dit , nous devons tout faire , l ' Europe doit tout faire pour que cette guerre ne soit qu ' un moindre mal .
<SPEAKER ID=29 LANGUAGE="NL" NAME="Blokland (EDD).">
Monsieur le Prsident , le Conseil de scurit des Nations unies a failli  ses responsabilits , nous allons donc nous saisir des ntres .
C ' est avec cette triste mais si juste constatation que le prsident amricain Bush a annonc la libration de l ' Irak , de la rgion et du monde , de Saddam Hussein .
L ' action militaire contre ce despote impitoyable n ' est pas seulement entirement justifie , c ' est aussi un devoir .
Les rsolutions des NU sont on ne peut plus claires  ce sujet .
La rsistance organise par certains tats membres n ' a pas t , et c ' est un euphmisme , favorable  la crdibilit des Nations unies comme institution pouvant imposer la paix .
Il tait grand temps d ' agir contre le danger local , rgional et mondial que reprsente ce tyran sans scrupules avec ses armes de destruction massive .
Il est en mme temps essentiel de rtablir nos relations transatlantiques dtriores .
L ' Europe et l ' Amrique devraient rtablir la concorde avec les autres pays et s ' atteler ensemble  crer une Irak libre et dmocrate .
Nous implorons piti pour les civils irakiens , les militaires et leurs familles .
Nous prions aussi pour que nous , Parlement europen reconnaissions , comme le prsident Bush , notre soumission  Dieu .
<SPEAKER ID=30 LANGUAGE="IT" NAME="Borghezio (NI).">
Monsieur le Prsident , les erreurs , les responsabilits et les clairs-obscurs gopolitiques de la politique amricaine ne doivent pas faire perdre  l ' Europe la capacit de regarder au loin et de comprendre la gravit de la menace que Bagdad reprsente pour nous .
Aurions-nous dj oubli le 11 septembre ?
La politique trangre europenne , si elle existe , ne peut se rduire aux belles actions peu concluantes des pacifistes  sens unique , qui n ' ont jamais srieusement condamn Saddam et l ' usage des armes de destruction massive lors de leurs manifestations .
Aujourd ' hui encore , nous avons entendu des propos mielleux envers le monde arabe .
Je vous le demande : regardez-vous les tlvisions arabes ?
Elles disent  voix haute ce que les masses arabes , y compris les immigrs de nos villes , veulent entendre .
Et pourtant , quand Saddam dgaine l ' pe de l ' Islam menaant et proclame le djihad , c ' est nous les Europens qui sommes dans son objectif le plus direct et le plus proche .
Que Dieu protge Londres , Milan et Bruxelles de ce que le fanatisme arabe a caus le 11 septembre  Manhattan !
Et que Dieu protge la jeune Europe et les jeunes Europens qui doivent malheureusement mener une guerre en premire ligne ou qui sont engags , comme nos glorieux chasseurs alpins , pour la paix en Afghanistan .
<SPEAKER ID=31 LANGUAGE="DE" NAME="Brok (PPE-DE).">
Monsieur le Prsident , Monsieur le Prsident du Conseil , Monsieur le Commissaire , chers collgues , chaque guerre est une dfaite morale pour la politique et , dans ce cas-ci , elle est aussi l ' expression de la faiblesse de l ' Europe .
La bonne nouvelle inhrente  cette guerre est qu ' elle signifiera la fin de Saddam Hussein , qui a tant de personnes sur la conscience et qui pourrait apporter encore tellement de malheurs .
Mais en analysant une telle situation , de nombreux citoyens se demandent si ce noble objectif justifie les victimes .
L ' on se penche sur les problmes lis  la stabilit de la rgion , sur la question de la lgitimit d ' une guerre dclenche unilatralement , et sur ses rpercussions sur les Nations unies .
En ce qui me concerne , ces doutes ne sont pas encore entirement dissips .
<P>
Nous devons  prsent apporter une aide rapide , pour les personnes aprs la guerre et pour la stabilisation de la rgion .
En tant qu ' Europens , nous devons faire des efforts en la matire , et nous devons remettre le quatuor au travail en vue de trouver une solution au problme du Proche-Orient .
Mais nous devons avant tout remplir notre propre mission .
Aucun gouvernement en Europe ne se trouve aujourd ' hui dans une position vraiment fringante , et nous devrions le reconnatre : ce n ' est qu ' ensemble que nous pourrons jouer un rle en matire de guerre et de paix . C ' est pourquoi la Convention doit engranger un succs , et les dcisions  la majorit qualifie doivent galement former la base de la politique trangre , afin qu ' une voix commune europenne puisse se faire entendre .
<P>
Ceci doit galement constituer la base permettant de renforcer les liens transatlantiques , les liens qui nous unissent  cette grande dmocratie de l ' autre ct de l ' ocan - mais une base qui reposerait sur notre propre force , qui constitue la condition d ' un partenariat .
Ainsi , je pense que nos dmocraties , des deux cts de l ' ocan , pourront s ' atteler  la cration d ' un ordre mondial juste , car l ' ordre mondial ne peut pas tre impos par la violence .
L ' ordre mondial doit tre mis en place d ' une autre manire , et nous devrions le mettre en place ensemble !
<SPEAKER ID=32 NAME="Goebbels (PSE).">
Monsieur le Prsident , avec moins d ' un quart des lecteurs ayant vot pour lui , George W. Bush est le prsident le plus mal lu de l ' histoire des tats-Unis .
Mme s ' il dtient le pouvoir , il n ' est pas reprsentatif du peuple amricain , auquel l ' Europe doit beaucoup et avec lequel nous partageons tant de valeurs .
Ce sont justement ces valeurs qui sont bafoues par Bush , sa clique guerrire et sa claque europenne .
<P>
Les premires victimes de la guerre sont la primaut du droit international , le ncessaire respect de toute vie humaine , la ncessit d ' ? uvrer pour un monde plus pacifique et plus juste , dont dcoule l ' impratif de ne recourir  la force qu ' en toute dernire ventualit .
Bush voulait cette guerre .
Sa cible est , certes , un rgime infrquentable , mais il y a d ' autres dictatures qui mriteraient d ' tre mises au rebut de l ' histoire .
Toutefois , le rgne universel de la dmocratie et des droits de l ' homme ne s ' tablira pas au moyen de la violence des armes et du viol des cultures .
<P>
Bush russira certainement  abattre militairement le rgime de Saddam Hussein .
Mais ce sera au prix de nombreuses victimes innocentes , de dgts collatraux importants en Irak et autour de l ' Irak .
Ceux qui , comme les marchs boursiers , s ' attendent  une guerre courte , propre , chirurgicale , devraient se remmorer pourquoi Bush pre , qui , lui , avait le soutien de la communaut internationale , n ' avait pas ,  l ' poque , poursuivi son action militaire jusqu ' au renversement du rgime de Bagdad .
En ralit , Bush senior savait qu ' il s ' enliserait dans un bourbier , que la chute de Saddam susciterait des affrontements ethniques et religieux ingrables de l ' extrieur .
Le risque est en effet vident d ' un conflit prolong trs coteux , ponctu d ' actes terroristes et d ' attentats suicides , suscitant des fractures nouvelles , menant  un engrenage de la violence dans la rgion et au-del .
Non seulement le cot humain , mais galement le cot conomique risquent de dpasser le cot intrinsque de la guerre , estim  cent milliards de dollars .
<P>
L ' conomie mondiale est depuis trois ans en rcession molle .
Les marchs financiers ont vcu une destruction des valeurs dpassant le trillion de dollars .
Les banques , les assurances , les fonds de pension sont fragiliss .
Le commerce international s ' est ralenti .
L ' aviation civile , le tourisme , d ' autres secteurs conomiques ptiront du climat d ' inscurit , de l ' explosion spculative des prix de certaines matires premires , notamment le ptrole .
Si les consommateurs , aux tats-Unis et en Europe , perdaient confiance , la demande intrieure s ' effondrerait et entranerait l ' conomie globale dans une rcession prolonge .
Le fracas des armes causera non seulement dsolation et ruines en Irak , mais affectera galement la condition humaine et sociale de centaines de millions de femmes et d ' hommes  travers le monde .
<P>
Monsieur le Prsident , l ' histoire jugera svrement ceux qui ont prfr l ' action militaire  une activit diplomatique prometteuse , car soutenue par les Nations unies .
<SPEAKER ID=33 LANGUAGE="IT" NAME="Di Pietro (ELDR).">
Monsieur le Prsident , je ne tiens pas  tre considr comme un ami de Saddam , qui est et reste un criminel , uniquement parce que je suis pour la paix .
Je suis contre cette guerre parce qu ' elle est mene hors du cadre de l ' ONU , et contre la grce de Dieu , il n ' y a que la loi de la jungle , la logique du plus fort ; il n ' y a que l ' illgitimit morale , juridique , politique .
Dans ce contexte , le choix de certains gouvernements d ' autoriser l ' utilisation de ses bases et le survol de leur territoire par les troupes amricaines , comme l ' a malheureusement fait le gouvernement italien compos de pirates , est en contraste avec les principes gnraux du droit international consacr par la Charte des Nations unies .
C ' est pour cela que mon parti - l ' Italie des valeurs - et moi nous sommes insurgs ds le dbut contre ce conflit , contre la fourberie des gouvernements qui se disent non belligrants mais qui aident ensuite les va-t-en-guerre : un rle habituellement rserv aux auteurs d ' actions dlictueuses .
Jusqu ' ici , ces gouvernements nous avaient assurs qu ' ils respecteraient la volont de l ' ONU et , maintenant que l ' ONU n ' a pas autoris l ' attaque , ils se sont dj ddits .
videmment , Monsieur le Prsident , ils pensaient et pensent  la future rpartition de la dpouille de l ' ennemi et esprent , comme tous les chiens allongs aux pieds de leur matre , que des miettes tomberont de la table amricaine .
<SPEAKER ID=34 NAME="Berthu (NI).">
Monsieur le Prsident , ainsi , aprs des mois et des annes de ngociations , la diplomatie a chou  dsarmer pacifiquement le rgime irakien .
Mais , compte tenu de la nature de ce rgime , cet objectif louable tait sans doute impossible  atteindre , car Saddam Hussein a trop tendance  interprter toute recherche de la paix comme une preuve de faiblesse de ses interlocuteurs .
<P>
Nous pourrions donc mettre beaucoup de regrets sur la mthode suivie .
En tte de liste , il faudrait placer sans doute l ' approbation donne par l ' Union europenne elle-mme  l ' intervention au Kosovo en 1999 , qui a cr un prcdent en se situant en dehors des procdures de l ' ONU , bien plus que l ' actuelle intervention en Irak qui peut invoquer au moins la rsolution 1441 .
<P>
Mais , aujourd ' hui , il faut tourner la page des regrets .
Ne nous laissons pas garer .
Le rgime dtestable de Saddam Hussein est le premier responsable de la situation actuelle et c ' est lui , l ' histoire passe l ' a montr  plusieurs reprises , qui attire le flau de la guerre comme la nue porte l ' orage .
Maintenant , nous devons tout faire pour prserver  la fois les populations civiles et l ' avenir d ' un Irak libr du despotisme .
<P>
Dans cette perspective , le Conseil europen qui se runit cet aprs-midi s ' honorerait , Monsieur le Prsident , en rappelant ces objectifs et en se rassemblant autour d ' eux .
<SPEAKER ID=35 LANGUAGE="ES" NAME="Salafranca Snchez-Neyra (PPE-DE).">
Monsieur le Prsident , je crois que nous devons constater une double frustration dans le dbat que nous menons aujourd ' hui .
<P>
Une frustration , tout d ' abord parce qu ' il est regrettable que la paix n ' ait pas t possible .
Je voudrais prciser que la paix ne constitue le patrimoine exclusif ni d ' un groupe politique , ni d ' un dput de ce Parlement , ni d ' un gouvernement en particulier .
La paix est une valeur universelle que l ' on vit , qui se manifeste et qui s ' exprime dans la conscience thique de chaque individu .
<P>
Une frustration galement , Monsieur le Prsident , en raison du pitre rle que l ' Union europenne a jou dans ce conflit .
Mais nous pouvons aborder cette question de deux manires : soit au moyen d ' un dbat manichen , strile et vampirique , en nous reprochant les uns les autres les insuffisances et l ' insignifiance de notre prsence , soit , comme le disait le prsident du Conseil , en tirant des conclusions qui nous permettraient de ne pas commettre les mmes erreurs .
Il est vident qu '  l ' heure actuelle , en partant de nos propres incapacits , Monsieur le Prsident , il n ' existe pas d ' autre solution que l ' axe euro-atlantique en matire de scurit et de dfense , que cela nous plaise ou non .
<P>
En outre , Monsieur le Prsident , comme cela a t dit ici ce matin , le problme de la crise irakienne ne se pose ni  Washington , ni  Londres , ni  Madrid , ni  Paris , ni  Berlin : le problme se trouve  Bagdad et il se nomme Saddam Hussein .
<P>
Monsieur le Prsident , nous devons mobiliser toutes nos ressources .
Nous devons faire de ncessit vertu et tcher que les discordes du prsent fassent place aux harmonies de l ' avenir .
Un avenir , Monsieur le Prsident , que personne ne va nous offrir , un avenir que nous devons conqurir et dans lequel nous pourrons exercer une influence en bien ou en mal .
Et pour conqurir cet avenir , nous avons deux possibilits , Monsieur le Prsident : soit nous ralisons nos plus beaux rves d ' une Europe unie , d ' une Europe qui parle d ' une seule voix dans l ' unit et dans la diversit , soit nous devrons apprendre  vivre avec nos pires frustrations .
<P>
( Applaudissements  droite )
<SPEAKER ID=36 LANGUAGE="EL" NAME="Baltas (PSE).">
Monsieur le Prsident , cette guerre avait t dcide d ' avance et elle a lieu aujourd ' hui .
Les ractions populaires n ' ont pas t prises en considration , pas plus d ' ailleurs qu ' il n ' a t jug indispensable de la lgitimer par l ' ONU .
<P>
Premire question : o allons-nous ?
O va le monde et quelle est notre position en tant que reprsentants des citoyens et responsables , je veux dire par l tout simplement en tant que personnes responsables qui vivent cette volution extrmement dangereuse ?
<P>
Deuxime question : s ' il sera possible de couvrir cette aberration dangereuse seulement , et j ' insiste sur le terme seulement , par des souhaits et des interventions pour que la guerre se termine au plus vite , que se passera-t-il  l ' avenir ?
Quelle autre action a bien pu tre dcide d ' avance et sera ralise selon le mme modus operandi pour nous voir ensuite souhaiter de nouveau une fin aussi rapide que possible ?
Le prsident Bush soutient qu ' il combat le dictateur et la dictature en la comparant  la dmocratie que lui-mme et nous tous ici servons .
<P>
Troisime question : la suprmatie de notre dmocratie nous oblige-t-elle  ddaigner les ractions des peuples du monde entier et la violation du droit international en tenant l ' ONU et son Conseil de scurit  l ' cart et en dvalorisant son rle ?
Est-ce l la diffrence entre la dmocratie et la dictature ?
Est-ce a qui distingue les dictateurs des dmocrates ?
<P>
Quatrime question : le vieux continent qu ' est le ntre , et auquel M. Rumsfeld a fait rfrence avec tellement de ddain , dploie des efforts considrables pour convaincre le monde que par la paix , la dmocratie et la solidarit il peut se dvelopper et montrer l ' exemple quant  la bonne voie  suivre , celle du rglement pacifique des diffrends entre tats .
Allons-nous permettre par notre tolrance et un certain relchement dans nos ractions que quelque plan ou ventuelle dcision prise d ' avance s ' lve sur le chemin pnible de la reconstruction de notre avenir pour diviser ou attnuer son unit .
<P>
J ' ai pos quatre questions simples , Monsieur le Prsident , pour en tirer une conclusion trs simple : il faut opposer une raction forte aux amis et allis qui entranent le monde dans le dsastre au nom des intrts mal compris d ' une superpuissance qui s ' carte du bon sens et nous demande de la suivre dans ce dlire !
Ce monde pour lequel nous avons nous aussi des responsabilits qui dcoulent de la dmocratie que nous servons et dfendons .
<P>
 bas la guerre !
Vive la coexistence pacifique entre les peuples !
<SPEAKER ID=37 LANGUAGE="IT" NAME="Tajani (PPE-DE).">
Monsieur le Prsident , malheureusement , toutes les tentatives de rsolution de la crise irakienne sans recours  la force ont t vaines .
On en est ainsi arriv  une intervention qui , il est bon de le rappeler , dcoule de pas moins de trois rsolutions des Nations unies : la 1441 , la 678 et la 686 .
Je partage l ' opinion de Hans-Gert Poettering sur Saddam : c ' est lui le responsable de ce qui arrive ; il aurait pu viter l ' usage des armes en mettant fin  sa dictature sanguinaire , comme le lui avaient suggr jusqu '  hier aprs-midi encore non seulement de nombreux dputs de ce Parlement , mais aussi les gouvernements saoudien et d ' autres pays arabes .
Nous ne pouvons pas mettre Bush et Saddam sur le mme plan , confondre le prsident de la plus grande dmocratie occidentale et un autocrate criminel qui a touff dans le sang toute vellit dmocratique en Irak , le seul dictateur qui ait fait usage d ' armes de destruction massive .
<P>
Dans cette affaire , l ' Europe s ' est malheureusement montre divise .
Nous devons chercher  retrouver immdiatement l ' unit de l ' Union .
Le Conseil europen d ' aujourd ' hui , Monsieur le Prsident Papandreou , peut constituer le dbut d ' une nouvelle phase visant  doter l ' Europe d ' une politique trangre et d ' une politique de dfense uniques .
La relance de l ' action europenne pourra dj tre peru concrtement , Monsieur le Commissaire Patten , ds aprs la conclusion du conflit en Irak .
L ' Union , en syntonie avec les Nations unies , devra participer  la construction de la nouvelle dmocratie irakienne .
Elle aura donc un grand rle  jouer , qui implique galement un engagement fort et cohrent contre le terrorisme et la prolifration des armes de destruction massive .
Mais cette Europe politiquement forte devra tre , en tant qu ' autre grande protagoniste de la politique internationale , une interlocutrice sur un pied d ' galit avec les tats-Unis . Nous ne devons pas penser , comme l ' a dit le prsident Prodi , construire l ' Europe de demain contre les tats-Unis .
<P>
Par ailleurs , certains jugements mis  l ' encontre du gouvernement italien ne mritent pas de rponse , parce qu ' ils sont non fonds et exprims de manire vulgaire . C ' est l la manifestation de ceux qui font toujours passer les intrts de parti avant les intrts de la nation et de l ' Europe .
<SPEAKER ID=38 NAME="Sudre (PPE-DE).">
Monsieur le Prsident , force est de constater qu ' il n ' existe aucune justification lgale  la dcision unilatrale des tats-Unis de recourir  une guerre immdiate , ds lors que les objectifs qui taient poursuivis pouvaient tre atteints par d ' autres moyens .
Les inspections ont produit des rsultats patents et ouvraient la voie , selon les termes mmes de M. Blix ,  un vritable dsarmement de l ' Irak sans avoir besoin d ' engager un conflit arm .
Le prsident Jacques Chirac et la diplomatie franaise ont condamn sans cesse et sans quivoque le rgime de Saddam Hussein .
Ils ont galement t sans cesse anims par le souci de donner tout son sens  la rsolution 1441 du Conseil de scurit en proposant  plusieurs reprises de renforcer les moyens matriels ou juridiques des inspections .
La position dfendue par la France est partage par une grande partie de la communaut internationale , et le Conseil de scurit , seule autorit juridique habilite  lgitimer l ' usage de la force au plan international , n ' a jamais dispos de la majorit ncessaire pour cautionner un recours prcipit  la guerre .
<P>
Je suis horrifie  l ' ide des consquences en vies humaines d ' une telle guerre ,  la fois pour les populations civiles irakiennes , qui ont dj t particulirement prouves , et pour les forces armes britannique et amricaine .
Dans l ' ventualit d ' une attaque chimique ou bactriologique , la France saura leur apporter tout son soutien en termes d ' assistance humanitaire .
<P>
Mais un tel conflit remet en question cinquante annes de construction d ' un monde fond sur le droit et la scurit collective .
Ce conflit fait aussi peser de grands risques sur la stabilit politique du Moyen-Orient dans son ensemble , en mme temps qu ' il fait courir le risque d ' une possible recrudescence d ' un terrorisme dvastateur  l ' chelle de la plante .
Il nous reste  souhaiter qu ' il puisse cesser le plus rapidement possible .
<P>
En ce triste jour , je suis extrmement fire d ' tre franaise , car mon pays s ' est employ sans relche  essayer d ' viter cette guerre inutile .
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( Applaudissements  droite )
<SPEAKER ID=39 LANGUAGE="DE" NAME="Nassauer (PPE-DE).">
Monsieur le Prsident , Mesdames et Messieurs , le temps des illusions est rvolu ; nous devons regarder la ralit en face .
Le rgime criminel de Saddam Hussein doit tre dsarm .
C ' est ce que veulent la plupart d ' entre nous , et le Conseil de scurit des Nations unies a pris d ' innombrables rsolutions en la matire .
La plupart sont conscients que le dsarmement de Saddam Hussein n ' aurait pas t possible sans le recours  la force , que l ' on ait attendu quatre , huit ou douze mois supplmentaires .
C ' est pourquoi il convient  prsent de conclure cette guerre rapidement et en pargnant au maximum ceux qui ne sont pas impliqus dans le conflit .
Ma compassion va aujourd ' hui aux soldats qui doivent endurer cette guerre et  leurs familles , ainsi qu ' aux personnes victimes du conflit , qui devront endurer certaines souffrances .
<P>
Je pense que , parmi les illusions que nous devons abandonner , on retrouve le rle de l ' Union europenne .
Dans cette crise , l ' Europe a jou un rle lamentable : elle est apparue dchire , paralyse et incapable d ' exercer une influence sur les objectifs qu ' elle prtendait vouloir atteindre .
C ' est en grande partie pour cela que l ' Europe devra s ' engager aprs la guerre  apporter une contribution significative , afin que le peuple irakien ait la possibilit de construire de sa propre initiative un modle d ' tat et de socit qui soit prt  vivre en paix avec le monde .
Mais ce que l ' Union n ' est pas parvenue  accomplir reposait pourtant  porte de main .
Quand les Europens comprendront-ils enfin qu ' ils n ' existeront  l ' chelle mondiale que quand ils parleront d ' une seule voix ?
<SPEAKER ID=40 LANGUAGE="NL" NAME="Maij-Weggen (PPE-DE).">
Monsieur le Prsident , ce matin a donc vu le dbut de la guerre qui devrait mettre un terme  la longue terreur de Saddam Hussein en Irak et conduire  un vritable dsarmement .
Il est trs regrettable que le Conseil de scurit des Nations unies n ' ait pu mener ce dsarmement  bien , en dpit des 17 rsolutions votes depuis 1991 et en dpit des nombreuses quipes et de leurs centaines d ' inspecteurs qui se trouvaient en Irak depuis cette poque .
<P>
Saddam Hussein a dj men trois guerres . Contre l ' Iran , contre le Kowet et contre les Kurdes de son propre pays .
Il a pour ce faire eu recours  des armes chimiques . Ces guerres ont entran la mort de millions de personnes et jet sur les routes des millions de rfugis dont 50 000 vivent aujourd ' hui aux Pays-Bas .
Nous disposons entre-temps d ' indices inquitants selon lesquels ces armes chimiques et biologiques seraient aujourd ' hui aussi aux mains d ' organisations terroristes .
Nous avons vu le 11 septembre  New York de quoi ces groupes sont capables .
<P>
C ' est pourquoi , Monsieur le Prsident , je soutiens politiquement cette action et tiens galement  tmoigner de ma loyaut envers les nombreux militaires , notamment europens , qui doivent accomplir cette tche ardue .
J ' tais une enfant quand les militaires amricains , canadiens , britanniques et polonais ont risqu leur vie pour librer l ' Europe et mon pays en 1945 .
Je me suis souvent demand par la suite combien de millions de morts auraient pu tre vites si l ' on tait dj intervenu dans les annes 30 .
C ' est ainsi que j ' envisage cette action aujourd ' hui , comme une action qui servira  viter des dsastres ultrieurs bien plus dramatiques .
Je tiens  tmoigner ma sympathie  la population irakienne qui a dj tant souffert mais pour qui la fin du tunnel est peut-tre aujourd ' hui en vue .
<P>
Pour conclure , Monsieur le Prsident , panser les plaies de l ' aprs-guerre exigera des moyens normes .
L ' Irak aura besoin d ' une aide colossale .
Les tats membres europens devront rflchir  leur comportement tout au long de la dernire semaine au Conseil de scurit .
Nous devrons tendre la main au monde arabe , car cette guerre n ' est pas dirige contre lui mais contre le mal en Irak qui doit tre jugul avant qu ' il ne soit trop tard .
Telle est la raison de ce conflit et telle est aussi la raison de mon soutien politique - et de celui du gouvernement nerlandais - aux pays qui ont entam cette nuit cette action pour le dsarmement .
<SPEAKER ID=41 LANGUAGE="SV" NAME="Stenmarck (PPE-DE).">
Monsieur le Prsident , ces derniers mois , il est apparu trs nettement que la politique trangre et de scurit commune tait vide de toute substance .
On pourrait croire que les tats membres de l ' Union sont capables de se serrer les coudes quand la dictature dfie la dmocratie .
On pourrait croire que les tats membres de l ' Union sont en mesure de s ' unir dans le choix entre la libert et l ' oppression . Mais malheureusement , un certain nombre d ' tats membres ont montr clairement qu ' en matire de politique trangre , ils ne se laissaient pas guider par ce que l ' on pouvait considrer comme juste .
<P>
Si la prise de position trs ferme de la majorit des nouveaux tats membres en faveur des valeurs qui constituent le fondement de notre coopration europenne a t rjouissante , les menaces et les chantages d ' anciens tats membres face  cette prise de position ont t affligeants .
On peut se poser la question suivante : de quel droit pouvons-nous exiger de pays qui ont connu des dcennies de dictature qu ' ils abandonnent leurs idaux dmocratiques ?
<P>
Il faudra du temps pour gurir les blessures infliges  la coopration europenne au cours des derniers mois et des dernires semaines .
Cependant , nous devons nous atteler avec davantage de dtermination que par le pass  construire une union qui puisse parler d ' une seule voix et prsenter un seul ordre du jour au reste du monde .
Une voix et un ordre du jour dont nous puissions tre fiers , une voix qui plaide en faveur de la libert , de la dmocratie et des droits de l ' homme , sur notre continent mais aussi ailleurs .
<P>
Nous pouvons commencer par contribuer  la reconstruction d ' un Irak libre ,  la fois financirement et en fournissant une aide pratique  la construction de la premire dmocratie du Moyen-Orient arabe .
<SPEAKER ID=42 LANGUAGE="EL" NAME="Papandrou">
Monsieur le Prsident , Mesdames et Messieurs , c ' est aujourd ' hui qu ' aura lieu la rencontre au Sommet .
La discussion portera prcisment sur l ' objet de notre dbat de ce matin .
Ce sommet donnera l ' occasion  votre prsident , M. Pat Cox , de prendre la parole au nom du Parlement europen , et nous attendons avec grand intrt de connatre sa position .
Je peux , cependant , moi aussi , vous assurer que les points de vue qui ont t entendus dans cette Assemble , cette Assemble dmocratique qui reprsente l ' opinion publique europenne , seront rapports au Sommet d ' aujourd ' hui par la Prsidence grecque .
<P>
Ici aussi , diffrentes approches ont t exprimes .
Cette divergence constitue une force et non une faiblesse .
Il s ' agit d ' un principe fondamental de la dmocratie .
La gageure , le dfi que nous devons relever est de pouvoir ,  travers cette confrontation dmocratique , trouver la composante commune , la volont commune pour engager les prochaines dmarches .
Je peux vous assurer que la Prsidence accomplira sa tche pour rpondre  cette aspiration , pour modeler cette composante commune .
Il va de soi que la responsabilit des 15 existe toujours en vue de trouver une approche et un moyen de matrialiser cette volont commune .
Au sein ce Parlement , de nombreux dputs ont bien sr parl de la ncessit de faire entendre la voix des citoyens europens , leur unit et leur volont commune .
Il sera donc sans doute ncessaire , lors des dbats sur l ' avenir de l ' Europe , de voir comment renforcer cette voix , la voix du citoyen , au sein de nos institutions et dans le cadre dcisionnel , et voir aussi comment il lui sera possible de participer de manire plus srieuse  tout ce processus .
<P>
Cependant , toutes ces diffrentes approches ont mis en vidence un trs grand nombre de messages communs .
Tout d ' abord il y a eu videment l ' immense dception face  l ' impuissance des efforts diplomatiques .
Deuximement , la ncessit de notre propre prsence humanitaire .
Le commissaire , M. Chris Patten , a d ' ailleurs abord le sujet .
Indpendamment de la position de chacun  l ' gard de la guerre , j ' estime qu ' il est moralement et politiquement juste de dire que nous ne pouvons pas , nous , l ' UE , tourner le dos aux ventuels problmes humanitaires que pourraient gnrer ce conflit .
Nous devons concentrer notre attention sur le peuple irakien , car il y a une forte probabilit d ' tre confronts  des problmes comme la faim , les rfugis , le froid , d ' ventuels problmes dans le nord de l ' Irak , des groupes vulnrables , des personnes dplaces .
Je voudrais souligner que notre coopration avec la Commission et M. Chris Patten dans ce domaine est dj excellente , et , comme l ' a dit trs justement ce dernier , nous pouvons tre fiers en tant que UE du rle que nous jouons .
Mme si nous aspirons  jouer un rle plus essentiel sur l ' chiquier international , nous devons cependant tre fiers de l ' action humanitaire ralise par l ' UE aux quatre coins du globe , partout o une telle action s ' avre ncessaire .
<P>
Troisimement , vous avez beaucoup fait allusion  la reconstruction .
C ' est un terme qu ' un trs grand nombre de pays ne voulaient pas utiliser ni discuter , soit parce que tout d ' abord la guerre n ' avait mme pas commenc , soit ensuite en raison d ' une rticence comprhensible  laisser l ' UE payer les pots casss aprs coup , qui plus est dans le cas de cette guerre bien prcise pour laquelle l ' Union n ' a pas donn son approbation .
Mais nous devons encore une fois assumer une grande part de responsabilit .
Pour commencer , la responsabilit que les dveloppements dans la rgion , et particulirement en Irak , peu importe leur nature , soient placs sous la direction et la conduite de l ' ONU ; et si nous participons  la reconstruction , nous insisterons pour que l ' UE n ' apporte une contribution substantielle que si les Nations unies sont impliques et dirigent les dveloppements , quels qu ' ils soient .
En consquence , notre responsabilit  nous est de veiller  ce que l ' ONU joue un rle central , auquel cas nous aurons nous aussi la lourde responsabilit de jouer ,  notre tour , notre rle dans le processus de reconstruction , quelle que soit la nature de ce processus , au lendemain de la crise .
<P>
De mme , comme l ' ont soulign beaucoup d ' entre vous , notre responsabilit est grande  l ' gard des pays voisins .
Nous entretenons des contacts avec ces pays , et j ' estime notamment qu ' en ce qui concerne la Turquie , pays candidat  l ' adhsion , ce dernier a besoin de notre aide , notamment dans son acheminement europen qui ne pourra qu ' tre influence par la crise de l ' Irak .
<P>
Dans le monde arabe , beaucoup ont soulign qu '  l ' heure actuelle le dialogue avec eux est difficile .
J ' affirmerais le contraire parce que l ' UE jouit d ' un certain poids dans le monde arabe .
Les initiatives que nous avons prises en tant que UE , l ' entente constante que nous entretenons avec eux ont montr qu ' il n ' y a pas eu de foss culturel .
C ' est ce qu ' ont dmontr les citoyens descendus dans nos rues pour manifester en faveur de la paix .
Ce n ' est pas un hasard si les dirigeants des pays arabes ont invit la prsidence de l ' UE  se rendre  Sharm el-Sheikh .
Je voudrais moi aussi soutenir les initiatives du Parlement europen en vue de la runion des parlements , indpendamment du moment o cette runion aura lieu .
Ce dialogue est indispensable pour lancer un dbat sur des questions essentielles , des questions essentielles qui empcheront d ' ventuelles crises  venir , des questions comme la pauvret et notre coopration conomique , les droits de l ' homme et la dmocratie , le rle de la femme , la scurit et comment aborder ensemble la question du terrorisme , l ' immigration clandestine et beaucoup d ' autres questions encore .
Second bien entendu dans cet effort par le quatuor , la coopration quadripartite , la volont dsormais unanime de l ' UE , du Parlement europen et des 15 de faire progresser ce processus de paix au Moyen-Orient est considre par toutes les forces pacifistes , d ' Isral et de l ' ensemble du monde arabe comme un vnement exceptionnel .
<P>
Enfin , un message important concernant nos relations avec les tats-Unis .
Pour beaucoup , la question n ' est pas de savoir si nous sommes pour ou contre les Amricains .
L ne rside pas le problme .
La question n ' est pas de savoir si nous sommes amis ou non .
" Nous sommes partenaires " ont dit M. Crespo et beaucoup d ' autres , et entre partenaires il faut un dialogue d ' gal  gal .
Un tel dialogue signifie que nous-mmes , comme l ' a dit M. Poettering , nous devons garder l ' Union forte .
Nous devons parler d ' une seule voix , nous devons pouvoir assumer une part croissante de responsabilit dans les affaires internationales .
Nous devons srieusement penser  l ' volution future de notre dfense , de notre politique trangre . Nous devons systmatiser le dialogue avec les tats-Unis .
<P>
 ce sujet , je vais ouvrir une petite parenthse : je me souviens qu ' il y a quelques mois de cela , lors d ' une rencontre avec des membres de la commission des affaires trangres au Congrs , j ' avais fait l ' objet de vives critiques au sujet de la cour pnale internationale et de notre position .
J ' ai discut avec eux , j ' ai exprim les points de vue de l ' UE et j ' ai compris qu ' ils n ' avaient pas une connaissance approfondie de notre faon de penser , de nos positions et des raisons pour lesquelles nous accordions une telle importance  ce tribunal .
Je ne sais pas combien d ' entre eux j ' ai convaincu , mais il est sr qu ' en partant , ils prenaient davantage notre position en considration qu ' auparavant .
 cet gard , je sais que M. Pat Cox a dj pris des initiatives en vue de la discussion entre le Parlement europen et le Congrs , initiatives que je salue et qu ' il faut selon moi soutenir et , bien entendu , intensifier .
<P>
Notre coopration avec les tats-Unis constitue aussi une condition pralable  une approche multilatrale des problmes , et je n ' ai entendu personne qui ne soit pas favorable  la coopration multilatrale au sein de la communaut internationale .
Un approche multilatrale des problmes de notre temps signifie , en dfinitive , garantir un principe trs simple : le principe de la " force du droit " et non le principe du " droit de la force " .
Voil ce qu ' est l ' UE : une communaut rgie par des principes .
Voil l ' lment qui assure notre unit .
Des peuples diffrents , des langues diffrentes , voire des traditions diffrentes , mais avec une volont commune sur des principes , sur ces principes .
Et c ' est sur ces principes que nous rigeons l ' Europe des 15 , l ' Europe des 25 , et plus tard l ' Europe des 28 ou plus encore si nous considrons aussi les pays des Balkans occidentaux .
<P>
Nous avons accompli une immense action pacifique tout en restant attachs  ces principes .
Et nous poursuivons cette action de paix en encourageant l ' largissement , mais aussi en valorisant notre rle sur la scne internationale .
Nous pouvons veiller  ce que l ' Irak et la manire d ' aborder ce problme constituent l ' exception et non la rgle sur le plan international pour que la gouvernance mondiale , en faveur de laquelle un nombre croissant de voix se font entendre , puisse appliquer les principes fondamentaux que nous embrassons et servons , que nous soyons au Conseil , au Parlement europen ou  la Commission .
<P>
Sans doute y a-t-il eu des dissensions , Mesdames et Messieurs , mais nous sortirons de cette crise - je le ressens parmi les collgues , mais aussi parmi les citoyens , que nous avons tous mentionns - , dcids , forts d ' une nouvelle volont politique , dcids  btir une nouvelle Europe plus forte et unie .
Je ne sais pas si cette Europe se fera aujourd ' hui , demain ou ans quelques mois .
Mais la dynamique est bien l .
Voil la dynamique , et il nous incombe de contribuer  lui donner chair lors de notre dbat au sein de la Convention sur l ' Avenir de l ' Europe et bien sr , par la suite , lors de la confrence intergouvernementale pour que nous puissions parler d ' une Europe qui encourage la dmocratie , le progrs et la paix sur notre continent et dans le monde .
<P>
Je suis optimiste , aujourd ' hui ,  l ' issue de notre discussion , et je pense que les dirigeants de l ' UE et du Conseil europen , vont effectivement envoyer des messages d ' unit , de coopration et de fermet en vue d ' aborder de manire efficace les problmes qui nous attendent . Nous comptons sur votre rle dcisif et celui du Parlement europen afin de tracer cette nouvelle voie que nous suivrons .
<SPEAKER ID=43 LANGUAGE="EN" NAME="Patten">
Monsieur le Prsident , quelle que soit l ' opinion du Parlement  mon gard , je pense que chacun ici conviendra que j ' ai toujours trait avec le plus grand srieux cette Assemble et la question de la responsabilit dmocratique .
Un jour - que je retarderai autant que faire se peut , car cela pourrait tre trs impopulaire et qu ' on pourrait m ' accuser de crime de lse-majest - , juste avant mon dpart de la Commission europenne en novembre prochain , je m ' exprimerai brivement dans cette enceinte sur le gain indniable de qualit que reprsente pour les dbats le fait que les orateurs demeurent dans l ' hmicycle pour entendre les rponses qui leur sont faites .
<P>
Je voudrais rpondre  trois points soulevs au cours de ce dbat .
L ' un d ' eux a t soulev par un orateur toujours prsent dans la salle . Quant au deuxime point , il a t soulev par l ' un des nombreux orateurs ayant voqu les relations avec les USA .
Je commencerai par le dbat sur l ' aide humanitaire et la reconstruction .
<P>
Mon honorable ami , M. Evans , qui n ' est hlas pas en mesure d ' tre parmi nous , a prtendu avoir peru une diffrence entre les remarques que j ' avais faites la semaine dernire au sujet de la reconstruction et de l ' aide humanitaire et ce que j ' ai dclar aujourd ' hui .
Je vais me livrer  un exercice pour lequel j ' ai maintes fois critiqu l ' ancien Premier ministre travailliste , Harold Wilson , et vous faire lecture d ' une des mes interventions .
Je voudrais juste vous citer mes propos de la semaine dernire , avant de faire progresser quelque peu le dbat .
<P>
Aprs avoir parl de l ' aide humanitaire , j ' ai dclar ce qui suit : " l ' aide humanitaire d ' urgence est une chose , mais les demandes auxquelles nous auront  faire face iront certainement bien au-del de cela .
Comme le sait trs bien l ' Assemble , le budget europen pour les actions extrieures est dj trs sollicit .
Quelles que soient les circonstances , il sera trs difficile de lancer de nouveaux programmes de grande ampleur en Irak et dans la rgion .
Des requtes nous ont dj t soumises par le gouvernement jordanien , par exemple .
Mais il sera d ' autant plus difficile pour l ' Union europenne d ' apporter une coopration sans rserve et  grande chelle - et ce aussi dans le cadre du processus de reconstruction  plus long terme - que la situation voluera hors du cadre de l ' ONU et que la division persistera entre les tats membres . "
<P>
J ' ai ajout la chose suivante : " je ne fais qu ' observer les faits : si la guerre clate , il sera bien plus facile de vous persuader - vous , l ' autorit budgtaire de l ' Union europenne - d ' tre gnreux , si la lgitimit des actions militaires entames , le nouvel ordre politique issu du conflit ou la responsabilit du processus de reconstruction ne souffrent aucune controverse .
Je ne fais pas valoir un argument quasi juridique .
Je ne fais qu ' exprimer un jugement politique qui n ' est ni particulirement neuf , ni particulirement sagace .
Cela me semble assez vident .
" Et , en effet , cela semble vident .
<P>
Je suis ravi que , depuis lors , d ' autres aient repris ce discours  leur compte .
Tout conflit devrait tre suivi par une nouvelle rsolution de l ' ONU , qui traiterait non seulement de la question de l ' aide humanitaire , mais aussi de l ' administration et de la gouvernance de l ' Irak .
Cela doit se faire avec l ' aval des Nations unies .
Ce ne sont pas l mes paroles , mais celles prononces par le Premier ministre britannique , Tony Blair , lors de son discours devant la Chambre des communes cette semaine .
Je dirai , sans la moindre note d ' ironie , que je suis heureux que l ' argument avanc par certains d ' entre nous depuis des semaines - si pas des mois - commence  s ' imposer .
Soit dit en passant , je me demande si tel aurait t le cas si nous n ' avions jamais soulev ce point .
<P>
En second lieu , je voudrais m ' exprimer brivement sur les tats-Unis et nos relations avec ce pays .
Critiquer les tats-Unis ne revient pas  avoir une politique trangre europenne .
De mme , ne pas partager la vision du monde de Richard Pearle ou de Robert Kagan n ' est pas de l ' anti-amricanisme .
Des millions d ' Amricains ne sont pas d ' accord avec MM . Pearle et Kagan .
<P>
( Applaudissements )
<P>
Je ne pense pas que qui que ce soit les accuse d ' tre antiamricains .
Accusons-nous la plus grande partie de l ' ancienne administration dmocrate d ' tre antiamricaine ?
Accusons-nous nombre de rpublicains de faire preuve , aujourd ' hui , d ' anti-amricanisme ?
Si il faut cautionner tous les propos de Richard Pearle pour montrer que l ' on croit passionnment  la relation transatlantique , mieux vaut encore se tourner vers Brent Scowcroft ou nombre d ' autres membres distingus des administrations rpublicaines prcdentes .
Pour dire les choses calmement , je ne suis pas dispos  ce que ma relation avec l ' Amrique soit juge  l ' aune de mon accord ventuel avec Richard Pearle .
<P>
( Applaudissements )
<P>
Et , puisque je suis d ' humeur particulirement candide , je ferai une troisime remarque .
De nombreuses discussions ont eu lieu au sein de la Convention , qui poursuit son travail sous l ' gide de sa distingue prsidence , quant  l ' avenir de la politique trangre et de scurit commune - discussions auxquelles j ' ai pris part - , quant au recours au vote  la majorit qualifie , quant aux " doubles casquettes " , et  bien d ' autres sujets encore : ce fut une exprience enthousiasmante pour tous ceux qui y ont pris part .
<P>
Que l ' Assemble me permette toutefois de lui rappeler ce que prvoit le Trait , dont l ' article 11 a t voqu par l ' une d ' entre vous dans son excellente intervention .
L ' article 11 , paragraphe 2 , alina 2 , prvoit que " les tats membres ? uvrent de concert au renforcement et au dveloppement de leur solidarit politique mutuelle .
Ils s ' abstiennent de toute action contraire aux intrts de l ' Union ou susceptible de nuire  son efficacit en tant que force de cohsion dans les relations internationales " .
<P>
Je ne sais comment le traduire mais , comme aurait dit feu mon pre , " pull the other leg " ( si a ne prend pas , essaie autre chose ! ) .
<P>
Un changement institutionnel peut srement contribuer  engendrer la volont politique .
Je n ' en doute pas un instant .
Mais vous ne pouvez engendrer la volont politique par le seul changement institutionnel , qui ne peut se substituer  la volont politique .
Je crains que ce soit l une leon dont j ' ai fait l ' amer apprentissage au cours de ces trois ans et demi .
<P>
( Applaudissements )
<SPEAKER ID=44 NAME="Le Prsident.">
Le dbat extraordinaire est clos .
Je remercie l ' ensemble des collgues qui y ont particip , ainsi que le Conseil et la Commission .
Ce dbat a montr que de nombreuses divergences persistent , mais qu ' elles reposent sur des convictions aussi honntes que profondes .
Je vous sais gr du droulement calme , pondr et respectueux de ce dbat .
<P>
( La sance extraordinaire est leve  11h45 )
<P>
DCLARATION CRITE ( ARTICLE 120 )
<SPEAKER ID=45 LANGUAGE="PT" NAME="Figueiredo (GUE/NGL)">
C ' est avec beaucoup de tristesse que nous prenons part  cette sance extraordinaire , alors que la guerre en Irak a dj commenc . Cette sance est toutefois ncessaire et notre groupe y contribue dans une ultime tentative de conjuguer nos efforts contre la guerre .
Dans ce contexte particulirement grave de la situation politique internationale , nous continuons  nous opposer  cette guerre unilatrale et illgitime des tats-Unis et de leurs allis , contraire  la Charte des Nations unies et au Conseil de scurit , qui provoquera une catastrophe humanitaire et tuera des milliers d ' innocents .
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Il est inadmissible et particulirement rvoltant que certains gouvernements europens , notamment celui du Portugal , depuis le tristement clbre sommet des Aores , s ' associent  cette guerre que condamne l ' opinion publique et qui fait l ' objet , dans mon pays , d ' une motion de censure  l ' gard du gouvernement .
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Il est intolrable que des gouvernements europens , au mpris de la position du Parlement europen qui s ' oppose  cette guerre sans l ' aval des Nations unies , continuent de soutenir l ' administration Bush , dont le vritable dessein n ' a jamais t de dsarmer l ' Irak mais bien de renverser le rgime irakien , d ' y installer un protectorat amricain et de contrler les richesses de ce pays , en particulier le ptrole .
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Nous poursuivrons notre lutte contre la guerre et pour la paix .
